En ce moment, nous commençont une transition de saison au Canada : l’été décline, les ombres s’allongent et les couleurs changent. J’ai espoir que l’automne soit aussi beau que l’année dernière avec du rouge pétant et un soleil présent jusque début novembre. Peut-être que je suis trop optimiste mais sait-on jamais? Dans ce billet je vous illustre mes propos avec mes lieux canadiens préférées de ces 2 derniers étés !

En montagne et surtout au Canada, j’aime les changements de saison: les températures ne sont plus les mêmes, il y a des couleurs qui changent en avance et les animaux se comportent différemment comme pour nous prévenir. Chaque transition apporte son lot de ressentis. En septembre, ma colonne vertébrale frissonne de haut en bas quand je pose les pieds sur un sentier de randonnée tôt le matin. Il y a un peu plus d’humidité dans l’air et je sais que vers midi le soleil ne tapera pas aussi fort qu’en juillet ou en août. Mais il y aura encore cette chaleur enveloppante et rassurante. Elle me dit « mais si mange ton sandwich, l’été est encore là! ».

Retenir l’été tant qu’on peut

Ma maman dit toujours qu’elle aime les couleurs de septembre, ce moment en transition avant l’arrivée de l’automne et je crois bien qu’elle m’a transmis cet amour de la transition. Entre entre 2 saisons en montagne, c’est un peu comme si on essayait de retenir des couleurs, des sensations qui partent doucement. La boue et la grisaille arrivent bientôt, et même si l’automne peut être beau, il est souvent terne avant l’hiver plus blanc que blanc.

En septembre chaque année, je n’ai jamais envie que l’été se finisse et j’essaie de retenir tout ce qui semble me filer entre les doigts. Je sors, je me balade, je prends mes dernières goulées de chaud, de lumière, de vert. Mon corps se rempli comme s’il fallait stocker. En même temps la faune et la flore semblent encourager ce mouvement vers la fraîcheur et au Canada c’est tellement impressionnant ! Les ours, wapitis et caribous sont dehors. Ils n’ont plus peur des hommes : ils les ont vu tout l’été dans certaines parties des montagnes, sont presque habitués, voire fouillent dans leurs poubelles. Alors voilà, ils ne sont plus à un appareil photo ou un bonhomme près. Ils changent eux aussi de couleur, s’habillent pour l’hiver. Ils commencent à préparer leurs réserves ou leur migration hivernale. Ils nous font comprendre que nous ne sommes pas suspendus à un moment, que la vie avance et que malgré notre floraison forcée du béton ces 70 dernières années, la nature nous dicte encore ses saisons. Et nous évoluons avec elle.

La sensation d’être au bord

Ici dans l’ouest canadien? tout est plus grand que nature, bigger than life : les animaux, les pick-ups, les routes, les massifs, les sommets et cette neige qui s’accroche tout en haut toute l’année. Cette neige dont j’ai l’impression qu’elle nous dit en permanence : « hey, la photo de carte postale c’est cadeau, tu l’as méritée » après quelques centaines de mètres de dénivelées. S’arrêter en bord de route ou de chemin et cadrer puis appuyer sur la détente. Essayer de ne pas aller trop vite. De prendre le temps. De respirer la fraîcheur, les couleurs et garder dans en mémoire ces sensations. Car demain une autre saison arrive. Je suis au bord de l’été.

Les températures, les nuages et la pluie ou la neige mettront fin à cela. Puis je reculerai. Je reviendrai au chaud. Avant cela, je reste au bord pour prendre les derniers instants de l’été. Alors que tout est visuellement vert mais semble déjà presque jaune. Je recherche des balades, des itinéraires à découvert, hors de cette épaisse forêt qui caractérise tant cette contrée. Je cherche la lumière et la chaleur avant qu’elles ne se retirent pour quelques mois.

Je vous souhaite un beau mois de septembre, au bord de l’été canadien.