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Bivouac dans les Hautes Alpes

C’est l’été, le soleil est enfin de retour! C’est donc déterminée que je décide de rechausser mes chaussures de rando début juillet, de préparer mon sac et de repartir à l’aventure sur les sentiers de montagne! Il était temps! Ce Trek j’en parle depuis bientôt 6 mois…


Ce trek, c’est le trek annuel que je partage avec celui qui m’a tout appris de la montagne, avec celui qui m’a mise dans mon premier sac à dos il y a 24 ans de ça. Cette aventure se déroule dans les Hautes Alpes (05), du côté de la station Orcières-Merlette 1850 dans les Écrins.

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Vue sur Orcières-Merlette

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Pour se faire, notre rando/bivouac commencera par 2h de voiture (depuis Grenoble) pour rejoindre la petite station de ski d’Orcières-Merlette. Là, nous abandonnerons notre confort, la technologie ainsi que le monde et le bruit.

Le temps d’une dernière vérif’ de notre paquetage, réglage de l’altimètre et du podomètre, on serre une dernière fois nos chaussures, on règle nos bâtons et nous sommes en route! Quelques mètres plus loin et en haut d’une sacrée côte pour commencer notre marche de plusieurs kilomètres nous nous rendons compte que nous avons oublié la carte sur le toit de la voiture (oups). Mon acolyte m’abandonne donc au milieu des champs en fleurs pour retourner chercher ce qu’il y a de plus précieux pour un randonneur : son topo!

Je ne cesserai d’ailleurs tout au long de cette randonnée de m’émerveiller de ces paysages. Je suis une enfant de l’Oisans habituée aux rochers et aux étendue de cailloux. Mais je dois avouer que ces plaines verdoyantes et fleuries m’ont beaucoup plu. Je me sentais comme Heidi (Petite fille des montagnes) !

Orchidée sauvage.

Orchidée sauvage.

Le petit hameau du départ de la randonnée.

Le petit hameau du départ de la randonnée.

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Notre randonnée du jour est prévue sur 1 200m de dénivelé, pour atteindre les 3 071m d’altitude en partant de 1 870. Direction le Roc Diolon !

Déjà après quelques pas nous sortons les appareils photos. Les couleurs sont sublimes : douces et multiples.
Le départ de la station nous fait traverser un petit hameau qui est en pleine reconstruction, ou nous croisons un papy fort sympathique qui nous comptera quelques-unes de ses aventures sur ces sommets qui nous entourent et me font rêver.
Malheureusement nous n’avons pas trop le temps de rester discuter il nous faut avancer. Le début de la rando longe les pistes de ski qui en été se transforment en pistes de VTT de descente (la prochaine fois j’y retourne pour tester ;)).

Nous avançons à bonne allure malgré nos sacs assez lourds. Et notre ascension nous permet de très rapidement découvrir notre premier lac celui des sirènes. Le soleil est de plomb et j’avoue que j’irai bien me baigner mais il nous reste encore du chemin et je vois le sommet qui me fait de l’œil mais il me semble inatteignable vu d’ici.
Les lacs s’enchaînent : lacs des pisses, le lac long et nous arrivons aux lacs jumeaux à 2 500m.
Puis nous découvrirons un peu plus haut le lac des Estaris.

Le lac des Sirènes.

Le lac des Sirènes.

Les lacs jumeaux à 2500m d'alti.

Les lacs jumeaux à 2500m d’alti.

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Le plus dur reste pour nous a venir car le temps est en train de changer, le vent s’est levé et les nuages noir qui arrivent ne font pas bon augure. Après avoir enfilé un tee-shirt a manches longues nous reprenons notre ascension.
C’est parti, nous nous lançons, le paysage verdoyant laisse place à un paysage lunaire fait de pierriers et de névés.
Il nous reste prêt de 600m de dénivelé à faire dans un pierrier monstrueux sur une pente qui se raidit de minute en minute. Elle finira par nous mettre en difficulté non loin du col de Freyssinières à 2750m, sur une pente a prêt de 25%.

Pour ma part j’aurais quelques micro frayeurs entre le sol qui se dérobe sous mes pieds, les cailloux qui roulent sur cette pente impressionnante et surtout le fait que nous ayons attaqué cette paroi par un coté non balisé, nous pousse à repousser nos propre limites.

Le fameux pierrier avec la pente à 25%.

Le fameux pierrier avec la pente à 25%.

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De toute manière je suis bien incapable de faire demi-tour, la pente m’impressionne trop alors on continue de grimper. Le vent fait rage là-haut, mes cheveux fouettent mon visage et je m’oblige à avancer pour ne pas totalement tétaniser. Je sens bien qu’ici je ne suis pas dans ma zone de confort. Il fait terriblement froid, le vent me mord les joues, et me déstabilise avec le poids du sac. Au final nous atteindront le col après prêt de 30 minutes de galère et la traversé d’un sacré névé.

La vue est incroyable.  Mais le mauvais temps est proche, ici il fait prêt de 0°C. On doit prendre une décision, et j’ai beau avoir une envie folle de dévorer ce sommet la fatigue se fait sentir, il faut aussi que je me remette de mes émotions vécu quelques minutes plus tôt. Il est 14h. Il nous reste environ 300m de D+ pour atteindre ce sommet, mais au final nous renoncerons. L’orage arrive. Les marmottes dévalent le pierrier tellement facilement, je les jalouse secrètement.

Vue sur les Écrins depuis le col de la Freyssinières.

Vue sur les Écrins depuis le col de la Freyssinières.

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Et je dois avouer qu’après ses émotions fortes je crie qu’on est « complètement taré ». Je viens de me prendre un cardio à 200puls, une montée d’adrénaline pour quelques heures au moins. Mais à ce moment-là je me sent terriblement vivante.

Sur la descente on se rend compte de notre erreur, et de notre soif de sommet. Le chemin tracé était un peu plus loin, mauvaise lecture de terrain, c’est pourtant ça que tu m’as appris en premier et là nous ne l’avons pas appliqué. C’est le moment pour moi d’évacuer mon stress, je répète en boucle qu’on est complètement fou, j’en ai conscience mais le pire dont j’ai encore plus conscience c’est que j’aime ça. J’aime ces moments d’insécurité, j’aime repousser mes limites. « Ça passe ou ça casse » : pour le moment ça passe.
De retour au lac il sera temps pour nous de manger, pour nous remettre de toutes ces émotions.

Nous choisissons d’aller établir notre campement aux lacs jumeaux que nous avions croisé un peu plus bas espérant ainsi être protégé du vent glacial qui s’est levé.

Notre campement établit.

Notre campement établit.

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Ce soir-là, je dors dans « une salle de bain » à ciel ouvert. Juste au-dessous de ce sommet qui me fait un pied de nez. Vu d’ici il parait encore plus haut. Il est temps pour nous de monter la tente avant qu’on se prenne une bonne fois pour toute la pluie… Pas de temps à perdre.

Une fois la tente montée nous ne tarderons pas à la tester, car notre flaire ne nous a pas trompé, la pluie est là, fine, un petit crachin qui mouille tout en quelques secondes. C’est donc enroulé dans mon duvet que ma soirée commence, en gribouillant quelques lignes sur mon carnet pour vous compter cette aventure. C’est aussi le moment pour nous de nous faire une petite soupe, il faut qu’on s’hydrate.

Le temps de la boire et de préparer la suite du repas, le soleil est de retour et nous donnera un formidable coucher de soleil, que l’on observera de notre cailloux en mangeant notre riz avec notre pastermas* (*viande séchée arménienne).
Au moment de faire la vaisselle dans le petit ruisseau en contre bas, je croise quelques marmottes et au final je finirais par jouer à cache-cache avec elles une bonne demi-heure. Elles sont énormes ! Et très joueuses. C’est un moment merveilleux, dans un cadre magnifique. Le ciel prend des teintes rosés / orangés, avant de se coucher derrière le sommet des Estaris.

Le Roc Diolon, 3071m d'alti.

Le Roc Diolon, 3071m d’alti.

Cache-cache avec les marmottes.

Cache-cache avec les marmottes.

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Tout de suite le froid devient mordant. Et après un dernier tour du lac (je n’avais pas assez de mes 15km dans la journée), et avoir grimpé sur un cailloux 100m plus haut pour profiter de la vue sur ces jolies montagnes des Hautes Alpes, je file m’emmitoufler dans mon duvet. Mon bonnet vissé sur les oreilles, Morphée ne tarde pas à venir me récupérer, pour m’emporter vers un sommeil des plus profond à 2500m d’alti.

Coucher de soleil sur le lac.

Coucher de soleil sur le lac.

Le lendemain se sont mes amies marmottes qui me réveilleront à 8h en criant à l’intrus, les premiers randonneurs ne sont pas loin, ou peut être un bouquetin. La sortie du duvet est pour moi le moment le plus difficile. Mais cette terre « sauvage » me plait, et mon sourire ne tarde pas à revenir à la vue de ce lac et des marmottes qui vagabondes sur ce fabuleux terrain de jeu. Nous ne tardons pas à plier nos affaires après un bon petit café.

La redescente se fait sans soucis jusqu’à notre carrosse. Les sacs sont plus légers (je portais toute la nourriture et une partie de l’eau). Nous croisons beaucoup de familles qui montent pour la journée profiter de la fraîcheur des lacs et de l’altitude. Mais nous passons hors des sentiers balisés pour profiter une dernière fois des marmottes s’enfuyant devant nous mais aussi de nombreux oiseaux.

Quand nous arrivons sur le petit hameau, nous tombons nez à nez avec une des brebis du troupeau qui s’est un peu trop éloignée. Complètement apeurée. Le berger n’est pas dans le coin et les Patous n’ont pas dû la voir s’enfuir en douce.
D’ailleurs, la laine de brebis n’est pas très douce…

Les plaines verdoyantes.

Les plaines verdoyantes.

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Lors de notre passage au hameau, je guette si nous croisons notre petit papy, dans l’idée de lui proposer de boire un petit génépi. Mais nous ne le croiserons pas… Tant pis ce sera une petite bière à la station bien mérité !
Avant de reprendre la voiture direction Grenoble. Je reviendrai pour me le faire ce 3 000 ! C’est sûr !

Ce que j’ai le plus aimé sur ce trek

  • Les paysages, les champs en fleurs et surtout le vert omniprésent autour de moi.
  • Les nombreux lacs, pratique pour se rafraîchir un peu en plus d’être très beau.
  • Le calme, la tranquillité de l’endroit.
  • Le fait de croiser de nombreux animaux.
  • Les nombreuses randonnées qui partent d’Orcières-Merlette.

Si vous êtes sur Grenoble ou Gap, je vous conseille cette jolie station d’Orcière Merlette très familiale, ou vous trouverez de nombreuses randonnées assez simple (que l’on peut facilement compliqué en choisissant de gravir les sommets vertigineux qui l’entoure). Si vous êtes fan de sensations vous y trouverez aussi d’autres activités : VTT, parapente, VTT de descente. La faune et la flore y sont magnifiques.

Et vous, connaissez-vous les Hautes Alpes ? J’espère en tout cas vous avoir donné envie d’aller y faire un tour. Si vous avez des questions sur le coin n’hésitez pas à me les poser !

D’ailleurs quel est votre prochain trek de prévu ? Pour ma part je repars fin août vers de nouvelles aventures !

A très bientôt alors !

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2 Comments

  1. très beau récit et très beaux paysages ; dommage d’avoir oublié la carte et d’être redescendu, vous auriez peut-être pu arriver au sommet avant le mauvais temps sans cela.

    • Charlotte says

      Merci Emeline,
      Oui en effet dommage. Mais ça donne l’occasion de retourner dans ce joli coin !

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