Nous accueillons aujourd’hui Anna sur le webzine qui tenait à nous partager son trek de trois jours en Bolivie, au Nord-Est de La Paz.

Article invité sous forme d’un carnet de bord, Anna nous compte un beau trek haut en couleur !

Trek à Sorata : Bivouac au Lac

Pour rejoindre Sorate, à quelques heures au nord-ouest de La Paz en Bolivie, j’embarque dans un minibus depuis la capitale. Il faut savoir que Sorata est un spot de rando pas super touristique mais super magnifique (et super coupé du réseau téléphonique aussi). En papotant avec mon voisin de minibus La Paz-Sorata, celui-ci s’avéra être français, s’appeler David et avoir les mêmes projets de treks que moi, quelle coïncidence ! Nous partîmes donc ensemble, dès le lendemain matin, avec tente, réchaud et stock de noodles (mais sans guide ni carte topographique) à la conquête de la Laguna Chillata et de la Laguna Glaciar.

Voici donc le récit jour par jour, heure par heure voire minute par minute de cette expédition de 3 jours en terre inconnue, sans rien omettre des perditions en brouillard et autres GPS farceurs.

Jour 1 : Sorata – Laguna Chillata (~14km, ~1500m de dénivelés positifs)

8h58 – Départ. Pour la 1ère fois de ma vie d’aventurière de l’extrême je porte absolument tout mon matériel pour 3 jours… (Appelez-moi Franklin – comme la tortue de la série du même nom).

9h11 – On n’est pas sorti de la ville que je souffle déjà comme un phoque. David doit regretter d’être parti avec Miss défibrillateur. Après vérification il est dans le même état.

10h33 – 1ère pause. J’arrive à refourguer une barre de céréale à David en échange de quelques poignées de crunchies préparées par ces soins.

11h48 – Pause numéro 2. Je pique du bœuf séché à David.

12h58 – J’en ai marre… J’ai faim. Je suis fatiguée de grimper. Mon sac est lourd et je ne connais pas suffisamment bien mon compagnon de sentier pour lui chouiner l’étendue de mes malheurs. Heureusement (pour David), les paysages envoient des paillettes…

 

15h04 : Arrivée à la Laguna Chillata. Mes jambes dansent toutes seules, la faute aux 1700 mètres de dénivelés positives qu’elles viennent d’enquiller. C’est donc en mode Riverdanse de que nous partons à la recherche du terrain de camping de notre vie.

15h57 – Déjeuner. Stop. Manger. Stop. Sachet déshydraté. Stop. (Mon cerveau sous-alimenté parle en morse). J’engloutis 600 calories de pâtes aux champignons, cadeau d’un ex « partner in trek » qui m’avait prise sous son aile (et équipée en nourriture trekkesque).

16h52 – Installation du campement. « €&@#%* faut avoir fait Polytechnique pour monter cette *%£¥$# de tente ? »

17h04 – Home sweet home. J’ai installé mon matelas, mon duvet et la couverture de survie subtilisée à David (c’est un vrai bonheur de randonner avec moi, tout un chacun vous le confirmera) …

18h02 – Je vais chercher l’eau pour le thé (comprendre j’allonge le bras et me sers dans le lac) et pêche un têtard par la même occasion. J’envisage de m’inscrire à un concours de pêche au camping-gaz à mon retour.

19h03 – C’est l’heure du dîner et on fait une orgie de noodles ! Certes nous ne sommes pas affamés (cf les 600 calories ingérées précédemment) mais j’ai appris ma leçon : quand la nuitée est frisquette : une soupette et vamos à la couchette.

Jour 2 : Laguna Chilata – Laguna Glaciar/Laguna Glaciar – Laguna Chilata (~8km AR, ~ 800m de dénivelés)

06h00 – Réveil. Contrairement à moi qui me la suis jouée Belle au Lac Dormant, David n’a pas fermé l’œil à cause du froid (coucou le givre au réveil !). Quelqu’un lui aurait chouré sa couverture de survie… Ce lac est décidément mal famé !

06h18 – Au lieu de me préparer je prends des photos du lever de soleil. C’est important de conserver le sens des priorités en randonnée.

06h32 – Petit déjeuner et ciel rosé. Je n’échangerai ma place pour rien au monde. (Personne n’a émis de requête si on va par-là…)

06h45 – Prête ! (Évidemment quand on ne se lave pas on gagne un certain temps… #MimiCracra).

07h58 – Moins d’une heure qu’on marche et on a déjà réussi à se planter une fois de « chemin » (Appellation d’Origine Non Contrôlée) … et se rajouter une petite centaine de mètres de dénivelés positifs !

08h13 – Un guide passe avec un couple d’allemands. Suivons les l’air de rien et retrouvons le droit chemin (à lire sur l’air de « Promenons-nous dans les bois »).

09h02 – Comme on est ultra rapide on double les Germains.

09h23 – Comme on est ultra doué on se perd une 2ème fois. Et bim +100m de dénivelés again !

10h08 – Pause goûter. Mes barres de céréales me sortent par les yeux. Les mêmes yeux arrivent à attendrir mon compagnon qui me cède un paquet d’Oreo.

11h04 – Oups I think we did it again… on a fait une sortie de sentier !

11h05 – La vue de ce spot pas prévu n’est pas trop laide, j’oublie (momentanément) de râler.

12h02Arrivée au glacier. Les Allemands sont déjà là. Ils n’ont pas fait 4 fois le tour de la Bolivie… eux.

12h14 – Guidée par ma faim je décide de prendre les rênes du retour.

12h23 – Telle Fantômette je suis à l’affût de chaque trace de pas, brindille écrasée, Allemand dans le lointain pour affirmer/infirmer mes théories cheminesques.

14h03 – Je m’empêche de fanfaronner que « quand c’est moi qui gère l’itinéraire on ne se perd pas ». Je me sens très mature.

14h45 -Le brouillard commence à tomber et on n’y voit pas à 20 mètres. Pour la recherche d’indices déterminants on repassera. Je m’avoue vaincue et laisse David et Maps.me reprendre du service.

15h37 – Mes GPS perso m’annoncent qu’on arrive. Je leur fais remarquer, sans acidité aucune, qu’à moins qu’une île ait poussé en notre absence, il ne s’agit pas de « notre » lac.

15h58On est définitivement perdu.

16h26 – Maps.me nous annonce que « vous êtes arrivés dans 50m… ». On lui rétorque que sauf erreur de notre part on est aux pieds d’une falaise de plusieurs centaines de mètres, pas d’un lac/terrain de camping.

16h35 – On tente l’encerclement…

16h47 – David me demande si ça va. Je prends l’air rassurant, celui qui par le passé m’a valu un Oscar, pour lui assurer que tout baigne ! Dans ma tête une petite voix radote « Tu le sais pourtant, Bécassine, qu’on ne part pas en montagne sans frontale ni couverture de survie ». J’ai une pensée émue pour les miennes (de lampe et couverture) qui font une belote dans la tente.

16h52 – La nuit ne va pas tarder. J’envisage de nous trouver une petite grotte accueillante.

17h04 – Allelujah…. Tente en ligne de mire ! On rigole comme des niais (soulagés les niais).

17h19 – Sachet pour chat numero 2. On ne voit toujours rien.

18h02 – Tea time et pêche miraculeuse : il y a une crevette dans l’infusion !

19h08 – Au padoque !

Jour 3 : Laguna Chilata – Sorata (~14km, ~1500m de dénivelés négatifs)

06h32 – J’ouvre la zipette de ma tente. De mon duvet j’admire, émue, le lever du soleil.

06h41 – Je m’extrais pour immortaliser l’instant.

07h04 – Mon petit dej préféré : celui où on peut tout manger parce que le trek est terminé !

08h03 – Thé au soleil.

09h04 – Thé au soleil.

10h12 – Thé au soleil.

11h01 – On envisage de potentiellement prévoir un retour au bercail prochain et éventuel. Peut-être…

14h39 – La descente, le sac à moitié vide, c’est vachement moins fatiguant que la montée (enfonçage de porte ouverte level 300…).

16h02 – Hostel sweet hostel. Sorata, avec ses 2 000 habitants, a des airs de mégalopole après 3 jours passés en ermites à croiser, en tout et pour tout, 3 randonneurs et un mulet…

17h23 – Ramenez-moi près des sommets… Avec un guide cette fois ?!

 

Et voilà pour le récit des trois jours de trek en Bolivie d’Anna. Ses écrits vous ont plu ? Continuez la lecture de ses aventures sur son blog My Glitter Backpack !