La magie des Territoires du Nord nous a gagnée. Après le somptueux et psychédélique coucher de soleil auquel nous avions assisté face à Uluru, nous allons découvrir les Kata Tjuta (également connues sous le nom Monts Olga). Pendant féminin d’Uluru, les Kata Tjuta offrent un visuel complément différent. Tout aussi belles, elles ont quelque chose de très mystérieux. 

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Admirer les Kata Tjuta au lever du soleil

Lever aux aurores afin de surprendre Hélios au début de sa course. Il fait encore nuit noire quand nous passons la guérite de l’entrée. Les yeux embrumés de sommeil, nous brandissons le pass et entrons dans le parc. Une fois garés, nous nous dirigeons doucement vers le point de vue pour admirer le soleil et son spectacle sur la roche rouge.

Il n’est pas encore arrivé, mais la nuit laisse doucement place au jaune/orangé qui annonce sa venue.

Le froid nous saisit alors que nous restons immobile dans une fébrile attente.

Quel froid ! Je ne pensais pas. Même si je suis une grande frileuse, je vous assure qu’il faut prévoir quelques couches de vêtements chauds. Nous sommes en juin, réputée l’une des meilleures périodes pour apprécier l’endroit.

En journée, il fait doux et les températures sont agréables. Au petit matin, en revanche, c’est une autre histoire. Mais à choisir entre les basses températures et les petits mouches d’été, je n’hésite pas. Il parait qu’en été le nombre des ces insectes volants a de quoi rendre fou.

Pour le moment, nous sommes seuls. L’endroit est pour nous. Même si le réveil a été dur, cela en vaut la peine. Face à nous, nous distinguons dans la pénombre, qui s’éclaire au fil des minutes, les formes du Kata Tjuta. Masse imposante, elle fait face à Uluru au loin. Plus grande, plus longue, plus morcelée qu’Uluru, elle attire les regards. Moins connue, mais tout aussi magnifique, elle vous appelle et vous encourage à la regarder.

Le froid est piquant. Deux pulls et je grelotte. Le soleil illumine petit à petit les lieux. Les nuages sont également au rendez-vous. Mince. Ils empêchent le soleil d’éclairer à fond la scène. Toujours ce froid. Mes doigts glacés et engourdis manipulent avec difficulté l’appareil.

La plateforme du point de vue s’est bien remplie. Toutes les langues du monde sont réunies devant ce spectacle. Nous sommes en première ligne. Les autres touristes sont derrière nous, faciles à ignorer. Seuls deux ou trois coups de coude nous rappellent de temps en temps que nous ne sommes pas seuls. Rien à faire, je me perds dans la contemplation du site.

Les 36 dômes des Kata Tjuta se parent de belles couleurs rouge et dorés. Exit le noir de la nuit, le jour prend ses quartiers. Il n’y pas à dire, le lieu est féerique. Au milieu de cette grande plaine désertique à l’herbe rase, les deux formations rocheuses (Uluru et Kata Tjuta) font figure d’exception.

Le froid est toujours présent, il me faudra quelques heures avant de récupérer la pleine utilisation de mes membres.

Après les avoir admirées de loin, nous décidons de partir à la découverte des Kata Tjuta.

Découvrir la Valley of the Winds Walk

Tout comme Uluru, le site est sacré pour les aborigènes et chaque partie des 36 dômes fait l’objet de légendes tenues secrètes. En langue aborigène, Kata Tjuta signifie « beaucoup de têtes ». Nous comprenons facilement le pourquoi d’un tel nom.

Plusieurs balades/randonnées sont possibles afin de déambuler au milieu des nombreuses têtes :

  • Kari lookout : 2.2 km A/R – 1 hr 
  • Karingana lookout :  5.4 km A/R –  2.5 hr
  • Full circuit walk (Valley of the Winds walk) : 7.4 km pour le circuit – 4 hrs

Nous avons choisi celle appelée « Valley of the winds ».

7,4 kilomètres de marche au milieu des dômes, des lits de rivières asséchés et de la plaine désertique. Il faut savoir que ce sentier n’est pas accessible à plus de 36° degrés ce qui arrive fréquemment en été (décembre & janvier). Le risque de déshydratation et donc de mort devient très élevé. Vu sous cet angle, le froid du matin est un peu plus supportable.

A noter qu’il s’agit du tour le plus grand pour admirer de près le lieu.

En effet, le site, sacré pour les Aborigènes, est interdit aux populations non-Aborigènes. Même les femmes Aborigènes ne peuvent y aller ; le lieu appartient à la mythologie masculine du « Rêve », ce qui est paradoxal quand on pense que la plupart y voit la féminité dans les formes du site.

Ce qui m’a le plus marqué dans cette randonnée, c’est clairement le vent. Ce n’est pas pour rien qu’elle s’appelle Valley of the Winds.

Les gorges ont un effet entonnoir : le vent s’engouffre entre les roches pour venir s’enrouler autour de nous. D’un seul coup, la température baisse. Le petit coup de chaud attrapé lors de la montée est bien vite emporté.

Cela ne gâche en rien le plaisir de la balade et la beauté du lieu. Tout simplement ébouriffant.

Alors prêtes à traverser la planète pour venir admirer ce spectacle ?