Parce que chez Un Trek Une Fille on adore vous partager des expériences, nous sommes aujourd’hui ravies de vous présenter l’interview de Marie, une passionnée de rando’ qui est tout récemment devenue guide de moyenne montagne. Retour sur son parcours, son expérience et ses projets.

Marie, peux-tu te présenter en quelques lignes ainsi que ton parcours et ce qui t’a mené à cette formation ?

Originaire du Massif Central où j’ai passé mon enfance, j’ai migré dans les contrées grenobloises en 2006 pour y faire mes premiers pas en montagne. J’ai travaillé dans un bureau pendant 10 ans mais petit à petit ma passion a pris le dessus. J’ai eu un déclic pendant l’été 2016 lors d’un séjour sportif de kayak de mer. Vous allez me dire que cela n’a rien à voir, mais en observant les moniteurs je me suis dit qu’ils avaient l’air vraiment heureux de vivre de leur passion. Je ressens un sentiment de liberté et de bien-être chaque fois que je pars sur les chemins.

Je me suis donc recentrée sur l’essentiel : « la vie », le bien-être, l’exploration, la contemplation et la pleine conscience de tout ce qu’elle nous offre. J’avoue avoir un petit faible pour la botanique et surtout la cueillette de plantes comestibles. Installée dans le Vercors pour débuter ma formation de guide de moyenne montagne, j’arpente aujourd’hui les chemins et découvre la végétation luxuriante de cette région. De la reine-des-prés au printemps en passant par le lis martagon pour arriver, en été, à ces champs d’épilobes en épis. Je suis convaincue que nous devrions explorer et contempler le milieu naturel dès le plus jeune âge. L’activité physique et sportive est essentielle pour « être » et se sentir « être ». La nature peut nous apporter beaucoup.

Le métier de guide de moyenne montagne :

Guide de montagne est tout d’abord un métier qui mêle contact humain et nature.

L’accompagnateur en moyenne montagne organise pour son public des randonnées d’une ou plusieurs journées, pour lesquelles il prévoit des haltes et le ravitaillement. Il doit veiller à adapter les difficultés du parcours au niveau des participants.

L’été, l’accompagnateur en moyenne montagne conduit des personnes ou des groupes à travers l’espace rural montagnard sur des chemins balisés ou hors sentiers. L’hiver, il parcourt la montagne enneigée, le plus souvent avec des raquettes aux pieds. Il connaît la flore, la faune et l’habitat montagnard, partage l’histoire et la culture de sa région, tout en sensibilisant son public aux questions environnementales. Il doit avoir des qualités d’endurance et de résistance à l’effort. Il se doit garder son calme et sa sérénité même en situation extrême.

L’accompagnateur doit être très prudent et prendre connaissance de toutes les données climatiques, techniques des randonnées qu’il organise. Il mène des randonnées selon les techniques appropriées (orientation dans le brouillard ou dans la neige, repérage d’obstacles, enseignement des techniques de progression…). Il doit également savoir prendre des décisions et être capable de renoncer en cas de danger.

 

Comment devenir guide de moyenne montagne ?

Où s’inscrire ?

On trouve toutes les informations relatives à cette formation sur le site du centre national de ski nordique et de moyenne montagne.

C’est un diplôme d’État d’alpinisme – Accompagnateur en Moyenne Montagne. Pour entrer en formation il est d’abord nécessaire de valider un examen probatoire.

Qui peut postuler à la formation ? Quels sont les pré-requis ?

Pour s’inscrire à cet examen d’entrée en formation d’accompagnateur en moyenne montagne, il est nécessaire de présenter une liste de 40 randonnées lors de l’inscription. Cette liste doit remplir des conditions particulières :

  • les randonnées doivent être réalisées dans 3 massifs minimum (les Alpes ne constituant qu’un seul massif)
  • il faut réaliser 10 randonnées en milieu enneigé si on a choisi l’option moyenne montagne enneigée (l’autre option moyenne montagne tropicale et équatoriale)
  • il faut impérativement avoir fait 8 randonnées qui se trouvent dans une liste de randonnées obligatoires

Comment se déroule la formation de guide de moyenne montagne ?

Pour commencer la formation, il y a tout d’abord un examen probatoire à passer qui comporte 3 épreuves :

1 – Une course d’orientation sur carte IGN 1/ 25000 avec parcours en terrain varié

2 – Un QCM

3 – Un entretien avec un jury pour présenter la liste des 40 randonnées et son projet professionnel

Une fois l’examen probatoire en poche la formation comporte cinq unités de formation (UF) réparties en trois cycles, un stage en situation, une période d’observation et un examen final. Chaque unité de formation fait l’objet d’une évaluation qu’il faut valider pour accéder à la suivante.

Les cycles se déroulent dans l’ordre chronologique suivant :

  • Le cycle préparatoire, d’une durée de deux semaines, constitué de l’unité de formation « fondamentaux techniques et pédagogiques », d’une durée minimale de soixante-dix heures ;
  • Le premier cycle d’une durée de trois semaines, constitué de deux unités de formation : – l’unité de formation « milieu naturel estival et milieu humain » d’une durée minimale de trente-cinq heures ; – l’unité de formation optionnelle « moyenne montagne enneigée » ou l’unité de formation optionnelle « moyenne montagne tropicale et équatoriale » d’une durée minimale de soixante-dix heures ;
  • Le second cycle d’une durée de deux semaines, constitué de deux unités de formation : – l’unité de formation « environnement professionnel et encadrement des publics » d’une durée minimale de trente-cinq heures ; – l’unité de formation « adaptation à l’effort, perfectionnement technique et entraînement à la randonnée pédestre et aux activités assimilées en moyenne montagne pour tout type de public » d’une durée minimale de trente-cinq heures.

En combien de temps peut-on devenir guide de moyenne montagne ?

Il faut d’abord accéder à la formation et cela peut prendre du temps car on ne peut passer l’examen probatoire que 2 fois par an, au printemps et à l’automne.

Ensuite, si on a réussi l’examen probatoire du premier coup, il faut compter au minimum 2 ans pour valider le diplôme.

Mais bien heureusement, une fois le cycle préparatoire « fondamentaux techniques et pédagogiques » validé, on obtient le titre d’éducateur sportif stagiaire auprès de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale de la région dans laquelle nous allons débuter notre activité. Cette validation donne droit à ouverture du Livret de Formation qui va nous permettre d’exercer comme accompagnateur stagiaire jusqu’à l’obtention su DE.
En temps que stagiaire, nous pouvons être rémunéré et mener des groupes de clients en autonomie (à l’exception de la neige et des bivouacs. Seules les itinérances en refuges sont autorisées), ceci sous convention de stage avec un conseiller pédagogique qui nous épaule et nous conseille tout au long de notre formation.

Peut-on en vivre toute l’année ou faut-il cumuler avec une autre activité ?

Il est courant de cumuler avec une autre activité mais ce métier peut être exercé été comme hiver et sous différentes formes. On peut être salarié dans une structure ou travailleur indépendant, travailler pour un bureau des guides ou développer son activité.

Les p’tits conseils de Marie :

Il est d’abord utile et nécessaire d’évaluer sa capacité à obtenir l’examen probatoire et donc d’être bien entraîné physiquement. Faire sa liste de 40 randonnées au préalable prend aussi du temps. Il faut vraiment être motivé à faire ce métier car après l’examen d’entrée, la formation commence et chaque unité de formation demande toujours une bonne condition physique et de résistance, et, de la pratique de l’orientation par tout temps, tout terrain, de nuit aussi. Depuis que le BE est devenu DE en 2015 la technicité et la sécurité sont à l’honneur et au centre de la formation. Elle est un peu moins orientée sur les connaissances du milieu naturel qui devront être acquises à titre personnel. Le stage en situation demande aussi une assiduité particulière et de trouver un conseiller pédagogique qui pourra nous épauler tout au long de notre formation. Une fois le diplôme en poche, pour développer une activité il est nécessaire, à mon sens, de se spécialiser sur des domaines de connaissances très spécifiques. En résumé, il faut avant tout la passion et une bonne dose de motivation pour que tout aille au mieux!

Accompagnatrice moyenne montagne

Et maintenant que Marie est accompagnatrice de moyenne montagne, vous pouvez la retrouvez sur son site et partir en randonnée avec elle !

N’hésitez pas à poser vos questions à Marie si ce métier vous fait rêver autant qu’elle 😉