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GR 400: marcher sur le plus grand volcan d’Europe

Le plus grand stratovolcan d’Europe, c’est en Auvergne qu’il se trouve. Il est trop vieux pour encore cracher de la lave (il s’est éteint il y a 3 millions d’années) mais c’est surtout un terrain de jeu de prédilection pour les randonneurs. Un tour complet en une semaine de randonnée ou bien des boucles de quelques jours, tout est possible avec le balisage du GR400.

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Le GR 400

Pour rappel, un GR, c’est un circuit de Grande Randonnée. Certains sont plus connus que d’autres (le GR 20 en Corse pour ne citer que lui) mais il y en a un peu partout en France et même quelques un en dehors des frontières (mais toujours en Europe). Ils sont conçus pour permettre de marcher plusieurs jours en suivant le même balisage blanc et rouge pour la France, et de trouver où se ravitailler et/ou où dormir en chemin. En Auvergne, plusieurs GR passent, cependant si vous voulez marcher sur le plus grand stratovolcan d’Europe, c’est sur le GR400 qu’il faut mettre ses empreintes de pas. Avec ces 140 kilomètres de sentiers et son altitude entre 750 et 1885 mètres, il y a de quoi avoir les mollets qui chauffent!

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8 jours pour le tour… ou des boucles de 2 jours!

L’avantage du GR400 c’est qu’il forme un circuit. Vous pouvez donc aisément partir et revenir exactement au même endroit. Vous pouvez également commencer le circuit où bon vous semble. Si la plupart des randonneurs démarrent de Murat grâce à la desserte ferroviaire de la ville, d’autres laissent leur voiture au Puy Mary. Moi, c’est un peu au milieu que j’ai commencé en laissant ma voiture au parking « Fond de Cère », à Super Lioran pour faire une boucle de deux jours.

Le circuit de la vallée de la Jordanne

Malheureusement, je n’avais pas assez de jours disponibles pour faire le tour complet du GR 400 de 140 km pendant mes vacances en Auvergne. Cependant, je tenais absolument à faire un « mini-trek », une randonnée sur deux jours, avec nos sacs, notre nourriture et notre tente (quand je dis nous, je parle de mon amoureux et moi et du coup, c’est lui qui a porté la tente héhéhé).

La veille du départ, nous étalons la carte IGN Monts du Cantal sur la table et nous nous décidons en écoutant les récits des uns et des autres. Ce sera la vallée de la Jordanne au départ du Fond de Cère/Super Lioran!

La première journée sous le soleil fut longue et chaude. 8 heures de marche, des montées, des crêtes, des descentes, des vaches, des moutons, des chenilles et plein de myrtilles à grignoter au sommet des puys. On atteint tout d’abord le Col de Rombière à 1542m en grimpant pendant les premières heures, avant de longer un sentier facile et plus ou moins plat jusqu’au Col de Cabre. La vue sur la vallée de la Jordanne est superbe de ce côté.

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Vers 14h, après avoir croisé beaucoup de randonneurs ou simples promeneurs et passé la Brèche de Roland en l’escaladant, nous nous arrêtons au niveau du Puy Mary pour déjeuner, à l’écart des autres gens. Non pas que nous ne sommes pas sociables mais nous avions envie de profiter de la nature et du calme, pas des touristes braillards. Et oui, la rançon du succès du Puy Mary, son aménagement et son superbe point de vue: tous les vacanciers veulent y aller (dans le même genre que le Puy de Dôme dans le  département homonyme ceci dit). Je le comprend, mais c’est vrai que lorsque nous y avions été en avril l’année précédente, nous avions le Puy Mary pour nous et c’était quand même super sympa!

On sort donc du sentier le plus fréquenté pour en trouver un autre sur le flanc du Puy, au calme, près des moutons et de quelques parapentistes qui s’envolent les uns après les autres… Un morceau de pain, du saucisson et du Saint-nectaire, et c’est les yeux vers le ciel que nous déjeunons, en rêvant d’un jour, nous envoler comme eux.

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Toujours en quête de calme, nous esquivons le sommet du Puy Mary par ce même sentier après le repas pour rattraper ensuite la route pendant quelques minutes en direction du Col de Redondet (1640m). Là, deux voitures stationnées seulement. L’Ascension du Puy de Chavaroche (1783m) s’annonce bien plus tranquille. En effet, entre les gouttes de sueur qui ruissellent sur nos visages, on croise simplement deux marmots aux grands sourires et à la bouille violette d’avoir grignoté trop de myrtilles au sommet, et leurs grands-parents avec le sceau plein de fruits quelques minutes plus tard. Ouf, les gamins n’ont pas tout mangé!

Si nous ne manquions pas déjà d’eau, j’aurais voulu planter notre tente sur les crêtes du Puy de Chavaroche, entre deux vallées et des vues à couper le souffle. Je me serais bien vu rester là des heures entières, comme seule au monde à grignoter des myrtilles moi aussi et à observer la danse des herbes sous la brise du soir. Mais la réalité était tout autre: il était impératif de trouver de l’eau et donc de dormir dans la vallée.

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C’est à partir de là que la partie moins drôle commence pour les articulations puisqu’après avoir volé-dansé-sautillé sur la crête jusqu’au Puy de Bassierou (1444m), il faut redescendre en direction de Mandailles Saint-Julien à environ 900m d’altitude. Cela fait 7 heures que l’on marche et il faut redescendre pour s’installer pour la nuit. Je suis fragile d’un genou et la descente ne m’a pas fait vraiment rire. Sans eau et à bout de force, j’ai un peu lutté avec moi même et mon cher genou pendant une bonne heure. Conclusion: on ne fait pas les idiots, si vous avez des soucis du même type que moi, on prend des bâtons pour s’éviter un calvaire. Ou bien on court mais avec des sacs de randos ce n’est pas idéal. Bref.

À peine la tente installée dans le camping de Mandailles, la lumière tombe. Je fait quelques photos sans trop crapahuter cette fois pour préserver mon genou, il faut qu’il tienne le coup demain.

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Randonnée pluvieuse, randonnée heureuse ?

Bon peut-être pas pour le matériel photo qui est resté bien sagement rangé dans mon sac à dos toute la matinée mais nous, on a trouvé ça super joli.

Dans la nuit, il s’est mis à pleuvoir sans s’arrêter. Au petit matin, pas de photo de lever de soleil, il pleut encore. Alors, après avoir choisi l’itinéraire de retour un peu adapté au vu de la météo, c’est sous la pluie que l’on repli la tente.

Lorsqu’on est à Mandailles, deux itinéraires s’offrent aux randonneurs pour rattraper Fond de Cère: longer la Jordanne ou passer par le Col du Pertus et le Puy Griou. Le second itinéraire était notre option une mais c’était sans compter sur la météo. avec cette pluie, à tort ou à raison, on choisit de longer la Jordanne et passer par la forêt pour être moins mouillé.  Alors pendant plus de trois heures on grimpe encore et encore à travers forêt et vallée pour retrouver le Col de Cabre puis le Col de Rombière avant de repasser de l’autre côté, dans une autre vallée et retrouver, trempés, notre voiture qui nous attends sagement pour déjeuner dedans, au sec.

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CARNET PRATIQUE

  • Le GR 400 est une boucle de 140 kilomètres qui se fait en 7/8 jours.
  • Période idéale : de mi mai à mi novembre (selon l’enneigement de l’année)
  • Le circuit de la Vallée de la Jordanne que j’ai faite en 2 jours (8h + 4h) fait environ 35 km.
  • Retrouver tous les circuits pour se faire une idée par ici.
  • Carte IGN de référence : Les Monts du Cantal
  • Topoguide de référence : Volcan du Cantal de la Fédération Française de Randonnée

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Filed under: Trek

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mm

Co-fondatrice du webzine et amoureuse depuis toujours de la nature, elle a vécu un coup de foudre en rencontrant l'Auvergne. Si elle a vécu quelques temps près de ces vieux volcans, elle choisit maintenant ses escapades européennes en fonction du dénivelé que la région offre, histoire de faire travailler ses mollets. Avant toute l'aventure Un Trek Une Fille, c'est sur son blog La Boucle Voyageuse que l'envie de partager ses voyages a commencé.

4 Comments

  1. Les paysages sont splendides…
    Zut par contre pour ton genou… T’es-tu déjà renseignée pour une genouillère ? J’ai une collègue qui a des soucis de genou et fait beaucoup de randos : elle en porte systématiquement une en montagne…

    • mm
      Julie says

      J’ai une genouillère (que j’oublie la plupart du temps) mais sur de grosse descente comme ça il me faudrait vraiment des bâtons pour atténuer le poids de mon corps sur mon articulation 😉

  2. Ah l’Auvergne… Très bel article ! Si un jour j’ai la chance de faire une randonnée dans le coin, je penserai à toi 😉

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