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Hypnotiques falaises de Lekiny

« La vie, ce n’est pas seulement respirer, c’est avoir le souffle coupé ! « Avec ces quelques mots, Alfred Hitchkock résume ce que l’on ressent devant les paysages d’Ouvéa. Même les plus blasés ne peuvent rester insensibles.

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Une marche entre deux mondes

Cet atoll en forme de croissant, posé dans l’océan Pacifique, fait partie des trois îles Loyauté à l’est de la Nouvelle-Calédonie.

A l’ouest, 25Km de plage d’un blanc éblouissant pour une île de 30km de long. N’est-ce pas le paradis? Et cette douceur! Elle vous caresse et vous enveloppe. Seuls quelques petits coquillages risquent de vous écorcher les pieds (et malheureusement si vous n’avez vraiment pas de chance, une canette de One – bière locale – qui s’est perdue).

A l’est, les falaises de corail font barrage aux assauts de la mer. Les plus extraordinaires représentantes sont les falaises de Lekiny. Majestueuses et imposantes, elles surplombent le lagon. Le paysage est plus abrupt, plus sauvage et plus dur qu’à l’ouest.

Le lendemain matin de notre arrivée à Ouvéa, le jeu de cache cache du soleil avec de gros nuages gris me fait craindre la présence d’un hôte non désiré : la pluie. Mais il n’est pas envisageable de laisser le temps gâcher ce séjour tant attendu. Qu’à cela ne tienne, nous partons découvrir les falaises de près.

Le lieu étant coutumier, il n’est possible de s’y rendre qu’avec un membre de la tribu de Lekiny. J’appelle donc Félix Alosio, le guide désigné et réserve la visite.

Après avoir rejoint le groupe au lieu convenu, en tout et pour tout une dizaine de personnes, nous nous mettons en route pour débuter l’excursion.

D’un côté, la paisibilité du lagon

Finalement, le soleil reprend ses droits et illumine l’endroit. Il accentue la dimension paradisiaque de cet espace encore sauvage et brut. L’eau transparente et le sable éclatant tranchent violemment avec le gris des falaises. Abruptes, étonnantes et gigantesques, elles s’étendent sur 3 kilomètres et séparent la mer, du lagon. C’est à couper le souffle!

L’eau aux mollets, nous traversons le bras de mer pour rejoindre la plage qui borde les falaises.

Félix nous montre des jeunes pousses de mangrove. Dans le passé, cette zone était semble-t-il recouverte par la mangrove. Aujourd’hui, rien ne subsiste de cette végétation. La mer glisse un bras dans les terres et arrive vers la tribu de Lekiny. Cette dernière souhaite replanter la mangrove. L’accès aux grottes et aux falaises sera difficile voir impossible. Cependant, il s’agit de ralentir la montée des eaux et de les empêcher de détruire et de s’immiscer plus que nécessaire dans les terres. Sachant que la mangrove met énormément de temps à pousser, il faut respecter les deux jeunes pousses que nous croisons et ne pas y toucher.

ll nous explique également comment repérer les coquillages dans le sable avec le tracé qu’ils laissent à la surface. Il faut vraiment avoir l’œil, car honnêtement entre la blancheur du sable qui brille au soleil et le nez en l’air à admirer les falaises, je serais passée à côté.

De découvertes en explications, nous parvenons à l’extrémité de ce tube semi-ouvert. Nous grimpons sur une courte échelle de  bois afin de rejoindre la corniche et découvrir les falaises de l’intérieur. L’animal géant nous absorbe et nous cache du soleil qui tape de plus en plus fort.

Du haut de notre promontoire et à l’abri du vent, nous admirons, dans un silence presque religieux, le lagon d’Ouvéa. Impossible de ne pas être subjugué par ce spectacle très zen. Cet endroit est protégé. Il est interdit d’y pêcher. Seuls la tribu y est autorisée pour des cérémonies particulières.

Soudain, un des membres du groupe s’agite et désigne un petit requin pointes noires qui se faufile entre les patates de corail. L’eau est tellement transparente que nous voyons les fonds marins de manière exceptionnelle. Il se dirige droit sur un petit poisson. Va-t-on avoir droit à une attaque? Ah! Et bien non, il l’esquive comme si il ne l’avait jamais vu. Chacun part de son côté nager dans les eaux peu profondes au pied des falaises.

Nous faisons de même et continuons la découverte du lieu.

Une petite chapelle est installée dans les profondeurs de la falaise. Elle a servi de refuge à la tribu en 1953 lors du passage du cyclone. Aujourd’hui elle est très peu utilisée, uniquement pour des cérémonies spécifiques comme des mariages ou baptêmes.

… de l’autre, les assauts de la mer

Nous redescendons par l’échelle et contournons les falaises pour continuer et passer derrière : côté mer vers la barrière de corail. Vous avez bien lu, nous passons dans les eaux où nous venons d’admirer le requin. Même pas peur! Nous sommes trop forts.

Nous ne sommes pas encore arrivé au bout que déjà nous entendons le bruit sourd des flots qui éclatent contre la barrière de corail. Quelques instant plus tard, nous découvrons le spectacle de la houle. Telle une furie blanche, elle s’agite et explose en gerbes salées. Les embruns nous fouettent les jambes et le visage. Le vent, que nous ne sentions plus puisque protégés par les falaises, se rappelle à notre bon souvenir. Les cheveux se soulèvent et s’agitent comme animés d’une vie propre.

Du calme et de la paisibilité du lagon, nous sommes passés à l’agitation de la mer. Le bleu dur et profond de la mer s’oppose au turquoise du lagon. Le spectacle est somptueux et saisissant.

Nous ne marchons plus sur du sable mais sur des coraux morts. Entre les assauts de la mer, le vent et les claquettes, garder son équilibre est un petit exploit.

Félix nous propose de se baigner. Comment dire? Le vent et la température de la mer ne motivent pas grand monde. En réalité, la mer n’est pas si froide : environ 21 degrés. Je vous entends vous exclamer : mais sérieux comment peut-on être aussi difficile? A vivre sous les tropiques, on prend de mauvaises habitudes. Et ne pas se baigner dans une eau à moins 26 degrés en fait partie. La baignade sera pour une prochaine fois.

Le visage salé et les cheveux emmêlés, j’admire le paysage. J’adore ce côté rugueux et brut de la côte Est.

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Hypnotiques falaises

Pour le retour, c’est tout juste si je ne marche pas à reculons pour garder imprégnée dans mes pupilles l’image de ce site magique et fabuleux.

Pour revenir à la plage nous traversons de nouveau le bras de mer. L’eau a bien monté : de mi-mollet, nous sommes maintenant à mi-cuisse. Je reste un petit moment à contempler en silence ce paysage hors norme avant de repartir totalement conquise par l’endroit.

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