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Interview trekkeuse: Mathilde au Népal

Un Trek Une fille, c’est un webzine créé pour, et surtout par les filles. Alors on a décidé de demander à des filles de nous raconter leurs aventures. Aujourd’hui nous sommes heureuses de vous présenter Mathilde qui a réalisé le rêve de beaucoup en faisant un magnifique trek aux Annapurnas.

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TOI, MATHILDE, LA TREKKEUSE

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Bonjour Mathilde, bienvenue dans Un trek Une fille ! Pour commencer, peux-tu nous en dire plus sur ton histoire d’aventurière et… sur toi? Sportive dans l’âme depuis toujours?
Enfant, j’avais horreur de la marche. J’espérais qu’il pleuve le mercredi après-midi et le week-end pour que l’on puisse rester toute la journée à la maison ! Je ne sais pas vraiment à partir de quand j’ai eu besoin du grand air. Peut-être la vie à Paris a accentué ce besoin ! Par contre le goût du voyage est venu très tôt. J’ai toujours ressenti le besoin d’aller voir ailleurs, j’adore me déplacer, rien qu’être dans le train et contempler les paysages qui défilent par la fenêtre !

Je n’ai jamais été une grande sportive. Je le suis un peu plus maintenant : j’ai réussi enfin à me mettre à la course à pied. Il y a 4 ans, je n’étais pas capable de courir plus de 200 m sans m’arrêter pour reprendre mon souffle. Maintenant, je sais que je peux courir plus de 20 km ! Je me suis mise au sport principalement, car j’en avais marre d’être toujours la dernière en randonnée et toujours avoir du mal à suivre le groupe.
Malgré un entrainement assez régulier, je ne me considère pas comme une vraie sportive : j’aime courir pour m’aérer, prendre l’air, mais je n’aime pas être essoufflée ! Ce qui me pousse à travailler l’endurance plutôt que la performance !

Aujourd’hui, tu vas nous parler de ton trek au Népal, comment le choix de cette destination s’est fait?
Je n’avais pas vraiment envisagé de faire ce trek. Un jour, de bons amis nous proposent de les accompagner au Népal sur le tour du Manaslu (le trek que nous aurions dû faire au départ mais à cause des conditions météo défavorable et un trop fort enneigement, nous n’avons finalement pas fait). Mes économies me permettent d’envisager ce voyage, et j’ai justement un stock de congés à épuiser. Quitte à prendre 2 semaines et demi de vacances, autant partir au Népal ! Ma décision prise sans plus de réflexions, j’ai ensuite eu assez peur, au point de ne pas toujours arriver à dormir… Car même si je suis passionnée du voyage, je suis plutôt peureuse ! Que se passerait-il si je n’étais pas capable d’arriver au bout ?

Finalement j’ai été soulagée lorsque j’ai appris que le circuit changeait pour des raisons climatiques (trop de neige sur le tour du Manaslu). Du coup, direction le Sanctuaire des Annapurnas, un chemin nettement plus facile, moins engageant, avec une altitude plus modérée, et un circuit en aller / retour : si je n’y arrivais plus, je pouvais toujours rester quelques jours dans un lodge, me reposant en attendant le retour de mes amis !

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Étais-tu entraîné pour cette marche ? Si oui, comment t’es-tu entrainée?
Je ne me suis pas entrainé spécifiquement pour ce trek, surtout que je ne l’ai pas prévu très en avance (seulement 2 mois avant le départ). Mais je fais du sport régulièrement et notamment je m’entrainais de manière assez intensive pour mon premier semi-marathon 1 mois avant. Comme je me suis fait une tendinite au genou lors de l’épreuve, mon entrainement a surtout consisté à me reposer au maximum le mois précédent le voyage pour récupérer toutes les fonctionnalités de mon genoux !

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LE TREK

Le Sanctuaire des Annapurnas au Népal

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Quelle était la durée de marche ?

Au total, 14 jours de marche (avec peu de marche le premier et le dernier jour). Nous sommes parti de Kande et revenu par Birethanti. Néanmoins il n’y pas qu’un seul itinéraire pour rejoindre le Camp de Base de l’Annapurna, mais de nombreuses variantes qui se rejoignent à Chomrong. La dernière partie du trek est donc la plus fréquentée puisque tout le monde se retrouve sur un seul chemin. L’itinéraire que nous avons fait n’était pas du tout direct. Le trek peut être réalisé de manière beaucoup plus rapide sans faire de détour par le Mardi Himal ou Ghorephani. L’itinéraire a été réalisé à la dernière minute par notre guide quand la décision a été prise de ne pas faire le trek du Manaslu prévu initialement.

Par contre, je n’ai aucune idée de la distance que nous avons parcourue. Les étapes étaient toujours indiquées en heures. Au Népal, le dénivelé est tel que la distance en kilomètres ne semble pas avoir d’importance et n’est jamais indiquée ! Néanmoins, en regardant sur la carte, j’ai l’impression que les étapes étaient plutôt courtes, autour de 10 kilomètres, mais cela nous prenait quand même toute la journée !

Où dormais-tu le soir ?
Dans des lodges, des hébergements en dur avec des chambres individuelles mais au confort sommaire : pas de chauffage, pas toujours d’électricité, salle de bain partagée à l’eau pas toujours chauffée.

Tu es partie solo ou accompagnée ?

Accompagnée ! Nous avions un guide et 2 porteurs pour 3 personnes… bref toute une escorte !

Le degré de difficulté estimé en théorie et celui que tu as vraiment ressenti ?
Je dirais qu’il s’agit d’un trek de niveau modéré : l’altitude maximale est de 4200 m. Il n’y a rien de vraiment difficile. J’ai pu ressentir une gêne et les premiers signes de mal des montagnes à partir de 3500 m mais rien d’alarmant.

J’ai trouvé que la difficulté venait de trouver l’endurance et de la difficulté d’enchainer de longues journées de marche. Les premiers jours ont été éprouvants. J’avoue qu’au début, je ne penserais vraiment pas aller au bout. Mais petit à petit, le corps s’habitue à l’épreuve physique, les journées passent et on continue ! Et puis finalement on se dit que ce n’était pas si difficile que cela ! Ensuite, tout dépend si l’on choisit, comme nous, d’engager des porteurs. Je pense que ma condition physique ne m’aurait permis de faire la même chose avec 12 kilos sur le dos.

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Qu’il y avait-il dans ton sac à dos et combien pesait-il environ ?
Mon sac à dos principal pesait 12 kilos et était porté par le porteur. Au début j’étais gênée que quelqu’un porte mon sac, mais il faut savoir que le portage est un métier très répandu au Népal. Tout ce que l’on mange dans les lodges d’altitude est acheminé par des porteurs, qui bien souvent travaillent dans de plus mauvaises conditions que les porteurs des touristes (moins bon salaires et plus de poids). Je suis passée par une agence locale sérieuse et la charge du porteur était surveillée : nous devions limiter au maximum le poids du sac à dos qui ne devait pas dépasser 12-13 kg. De plus, celui-ci était correctement équipé pour la montagne : chaussures de rando, veste polaires, manteau imperméable…. Lors de mon trek, j’ai pu voir des porteurs marcher dans la neige avec des tongs entourées de sacs plastiques, c’est vraiment choquant !

Du coup, sur mon dos, je n’avais que mes affaires de la journée : 2 litres d’eau, un pull, mon appareil photo, ma cape de pluie…

Si tu devais nous confier ton meilleur souvenir de trek, ce serait… ?
L’arrivée au Camp de Base de l’Annapurna, au cœur des montagnes aux neiges éternelles pour assister au lever du soleil. J’étais tellement fière d’avoir réussi ! Je manque un peu trop de confiance en moi et chaque jour, je me demandais si j’arriverais au bout. Le moment était donc magique. Nous étions transis de froid. Je ne sais pas quelle température il pouvait bien faire mais l’ensemble des batteries des appareils photos ont rendu l’âme à ce moment-là. Le paysage de ces montagnes de 8000 m tout autour de nous restera à jamais gravé dans ma mémoire !

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Et ton pire souvenir…?
Le deuxième jour, nous avons eu un gros orage, une pluie diluvienne. Quand en France ce genre de pluie dure 10 min, là ça a duré tout l’après-midi. Nous sommes arrivés trempés au lodge. Mes chaussures en goretex étaient trempées ainsi que mes chaussettes. Je n’avais pas prévu d’autres paire de chaussure hormis des tong pour la douche. Si j’ai pu faire sécher mes chaussures près du poêle du lodge, j’ai attrapé un bon rhume qui m’aura accompagné tout le séjour ! Pénible mais heureusement rien de très grave non plus !

Si c’était à refaire, tu referais à l’identique, tu ne referais pas ou tu changerais certaines choses ?
Prendre une petite paire de chaussures supplémentaire !
Acheter les bonnes pastilles « micropur » pour purifier l’eau ! Je n’ai pas remarqué mais on m’a vendu des pastilles « Europe » qui avaient une faible efficacité et notamment ne tuaient pas les amibes qui peuvent rendre très malade. Heureusement, j’ai toujours pu remplir mes gourdes avec de l’eau bouillie. Je n’ai donc pas eu de soucis. Mais la prochaine fois je ferais plus attention !

Des trucs de nanas que tu penses essentiels et utiles à avoir avec soi ?
La coupe menstruelle ! J’avais calculé que j’aurais mes règles pendant le trek et je me posais des questions sur comment j’allais gérer les déchets liés à l’utilisation des protections périodiques. J’en avais déjà entendu parler vite fait avant, je me suis renseigné et je l’ai aussitôt adopté ! C’est vraiment génial, écologique, beaucoup plus confortable, je n’y ai vu que des avantages et j’ai totalement laissé tomber les protections hygiéniques « classiques » depuis ce voyage ! Après mieux vaut anticiper la transition car pour certaines celle-ci peut être plus longue que pour moi.

Sinon je conseille également le Go Girl, un petit urinoir en plastique qui permet de faire pipi debout. C’est très pratique si les toilettes sont sales (ce qui étaient finalement pas le cas sur le trek) ou permet de faire pipi dans la nature sans trop se faire voir.

Un dernier conseil pour nos lectrices avant de se lancer ?

Ne pas trop se prendre la tête, ni se sous-estimer : Croire en soi et en ses capacités ! Il n’y a pas forcément besoin d’être une grande sportive pour faire un beau trek !

.Et si vous voulez lire plus d’aventures de Mathilde, direction son blog Voyager en photos !

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mm

Co-fondatrice du webzine et amoureuse depuis toujours de la nature, elle a vécu un coup de foudre en rencontrant l'Auvergne. Si elle a vécu quelques temps près de ces vieux volcans, elle choisit maintenant ses escapades européennes en fonction du dénivelé que la région offre, histoire de faire travailler ses mollets. Avant toute l'aventure Un Trek Une Fille, c'est sur son blog La Boucle Voyageuse que l'envie de partager ses voyages a commencé.

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