Trek

Interview trekkeuse: Claudia en Indonésie

Un Trek Une fille, c’est un webzine créé pour, et surtout par les filles. On a donc décidé de demander à des filles de nous raconter leurs aventures. Aujourd’hui nous sommes heureuses de vous présenter Claudia la sportive, qui a grimpé au sommet du Rinjani, un volcan indonésien.

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TOI, CLAUDIA, LA TREKKEUSE

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Bonjour Claudia, bienvenue dans Un trek Une fille ! Pour commencer, peux-tu nous en dire plus sur ton histoire d’aventurière et… sur toi ? Sportive dans l’âme depuis toujours ?

Je suis née en Afrique et j’ai grandi entre ce continent que j’affectionne particulièrement, l’Amérique du Sud et les Caraïbes. Voyager fait donc partie de mon ADN depuis toujours. Tout comme la marche. Mes parents m’ont transmis le virus très tôt. Je me souviens encore de mon père, me poussant sur les sentiers de Chamonix ou de Corse quand je faiblissais…et que de bons souvenirs !

J’ai toujours été très sportive. Après un premier amour pour la natation, c’est finalement vers la gymnastique que je me suis tournée. Mais après une grave chute à l’adolescence, j’ai dû abandonner le sport pendant trois ans. Maintenant, je me limite au trek, à la nage et au yoga même si j’ai gardé l’esprit de compétition que la gymnastique m’a appris.

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Aujourd’hui, tu vas nous parler de ton trek en Indonésie, comment le choix de cette destination s’est fait ?

En 2010, à la fin de mes études, j’ai eu envie d’un voyage qui m’aide à renouer avec le sport et qui me permette d’aller à une vitesse raisonnable, histoire de provoquer un maximum de rencontres. J’avais envie d’Indonésie et après m’être renseignée rapidement sur la topographie des îles, je me suis lancée : 1000 kilomètres à vélo entre Bali et Lombok. C’était sans compter ma passion pour les volcans… En voyant l’ombre du Rinjani sur la carte, j’ai tout de suite su que je ne pourrais pas passer à côté alors j’ai posé mon vélo pour quelques jours.

Étais-tu entraîné pour cette marche ? Si oui, comment t’es-tu entrainée?

Je me suis très peu entraînée pour le Rinjani. J’ai fait quelques longues ballades à vélo pour supporter le dénivelé et le poids de mes sacs avant de quitter la France pour l’Indonésie. Le trek était prévu en fin de voyage, après une vingtaine de jours de vélo, au rythme de 40 à 70 km par jour. Je pensais que ça suffirait mais je n’avais pas appréhendé le fait que je ne ferais pas travailler mes muscles de la même façon.

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LE TREK

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L’Ascension du Rinjani, deuxième plus haut sommet d’Indonésie (3726 mètres), réputé pour être un des plus beaux treks d’Asie.

Deux circuits sont généralement proposés pour l’ascension du Rinjani :

  • le premier décrit une boucle au départ de Sembalun pour rejoindre Senaru,

  • le second débute à Senaru et rejoint Sembalun.

Bien que le premier circuit soit le plus plébiscité, j’ai opté pour le second. Appréhender les dénivelés lors des premiers jours de marche, le sommet et les plaines lors des derniers efforts me semble en effet plus adapté.

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Quelle durée de marche ?


J’ai choisi le circuit 4 jours/ 3 nuits. Il est possible de condenser le trek en 3 jours / 2 nuits mais vu l’importance des dénivelés, les quelques instants de repos offerts avec la formule 4 jours ne sont pas de trop.

Les étapes en détail :

  • Senaru – Pos III : 6h30 (13km, +2200 mètres)

  • Pos III – Lac Segara Anak : 5h00 (5km, -500 mètres)>

  • Lac Segara Anak – Plawagan Sembalun : 3h00 (7km, +700 mètres)

  • Plawangan Sembalum – Sommet – Sembalum : 11h00 (12km, +1100 mètres, -1900 mètres)

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Où dormais-tu le soir ?

Tout le trek se déroule dans un parc national et aucun refuge n’a été construit le long du parcours. Tous les marcheurs dorment donc en tente ou sous des carbets au Pos III. Après de belles journées de trek, pas besoin de grand luxe pour dormir comme un bébé.

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Solo ou accompagnée ?


Il est possible de faire le trek sans guide mais honnêtement, je ne le conseille pas. Le terrain est changeant, souvent glissant et les accidents sont très nombreux. J’avoue avoir remercié les porteurs des dizaines de fois : je n’avais que quelques affaires personnelles sur le dos (de quoi gérer les changements de climats tout au long du trek) quand ils portaient matériels de camping, eau et nourriture…

Après de longues recherches sur internet, j’ai choisi de partir avec Galang Ijo (http://www.galangijo.com), une agence très sérieuse tenue par un indonésien. En dehors de l’immense gentillesse de Sapri, le patron de l’agence, et du professionnalisme de mon guide, Cacatua, j’ai été touché par le fait que les guides étaient payés bien plus que dans les autres agences (prix équivalent pour vous) et que les porteurs ont pris soin de ramasser non seulement nos déchets mais aussi une partie de ceux des autres groupes sur la route. Je vous les recommande les yeux fermés.

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Le degré de difficulté estimé en théorie et celui que tu as vraiment ressenti ?


Bien que ce trek ne soit accessible qu’à des marcheurs expérimentés, en bonne condition physique, de nombreuses personnes chaque année s’y lancent sans préparation. Et cela n’est pas sans risque. En quatre jours, nous avons croisé deux blessés sur la route, deux marcheurs expérimentés pourtant, dont une hélitreuillée d’urgence vers Singapour… J’ai une solide expérience du trek et pourtant, j’ai parfois été surprise de l’effort de concentration que certains passages demandaient.

Ne vous lancez dans cette aventure que si vous savez ce que signifie marcher plusieurs jours d’affilée dans des conditions météorologiques pas toujours favorables. Et n’oubliez pas de vérifier que vous êtes assurés avant de partir.

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Qu’il y avait-il dans ton sac à dos et combien pesait-il environ ?

Mon sac pesait environ 7 kilos. Je ne suis partie qu’avec l’essentiel et je n’ai pas regretté :

  • Un appareil photo reflex,

  • Un K-way ultra léger (j’ai eu le droit à une pluie tropicale une à deux heures par jour),

  • Des baskets légères pour reposer mes pieds lors des arrêts,

  • Trois paires de chaussettes épaisses,

  • Deux pantalons de trek pouvant se transformer en bermuda,

  • Une serviette,

  • Un pyjama chaud (sweat et pantalon long),

  • Une polaire imperméable cirée,

  • Des gants polaires (on passe d’un 30°C humide en forêt à 5°C au sommet),

  • Un maillot de bain (au bord du lac, on peut se baigner dans des sources chaudes),

  • Des sous-vêtements sans couture pour éviter les frottements,

  • Une écharpe,

  • Un duvet 5°C pour les nuits froides et humides,

  • Des lunettes de soleil et de la crème solaire,

  • Du baume à lèvres,

  • Un carnet et un stylo pour noter mes impressions.

  • Une trousse de secours avec antiseptique, antibiotiques, spasfon, doliprane, pansements et bandes collantes en cas d’entorse, du spray anti-moustique, un relaxant musculaire à appliquer en fin de journée pour minimiser les courbatures.

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Si tu devais nous confier ton meilleur souvenir de trek, ce serait… ?

Il se passe toujours quelque chose de magique à arriver au sommet d’un volcan. Là, l’ascension est d’autant plus remarquable qu’elle se fait de nuit sur un chemin à flanc de montagne, parfois large d’à peine 40 cm. Ce n’est qu’une fois en haut, quand le soleil se lève et que le ciel est complètement dégagé que l’on aperçoit le chemin que l’on vient de parcourir. A 4000 mètres, le panorama est imprenable : d’abord les trois petites îles des Gili puis, derrière, le Mont Batur, le sommet de Bali, qui paraît minuscule. Sept ans plus tard, il m’arrive encore de rêver de cette vue…

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Et ton pire souvenir…?

La dernière heure (qui finalement a duré deux heures pour moi) se fait dans la cendre. Très fine, elle glisse à chaque pas. Comme mon guide, lorsque j’avançais de trois mètres, je reculais d’au moins un mètre. Psychologiquement, c’était très dur mais je m’étais jurée de ne pas abandonner. Cette partie, la plus abrupte du trek, est appelée « le chemin du cri et des larmes » et je comprends pourquoi. Aujourd’hui encore, même si ce n’est pas mon meilleur souvenir, c’est une des choses que j’ai accompli dont je suis la plus fière..

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Si c’était à refaire, tu referais à l’identique, tu ne referais pas ou tu changerais certaines choses ?

A refaire, je m’entraîne davantage ! Je garde encore aujourd’hui une petite faiblesse au genou droit, à cause des 2000 mètres de dénivelés de la dernière journée…Et pour une passionnée de trek, ce n’est pas un handicap super agréable. De la course, de la marche sur plusieurs jours dans les mois précédant le départ, et si j’avais su, je serais partie avec des bâtons de marche.

Des trucs de nanas que tu penses essentiels et utiles à avoir avec soi ?

Il n’y a pas de toilettes ni de douche sur la route. Des petites lingettes de toilette peuvent être utile. Et pour les frileuses, ne pas hésiter sur les vêtements chauds. Je me souviens avoir eu froid…très froid !

Un dernier conseil pour nos lectrices avant de se lancer ?

Partez avec un sac à dos adapté, ni trop grand ni trop petit. Moins vous aurez d’affaires sur vous et plus vous vous sentirez à l’aise lors des descentes à pic. Autre point non négligeable : usez vos chaussures de randonnée avant le trek pour éviter les ampoules et rechargez à max les batteries de votre appareil photo. Le reste, c’est que du bonheur !.

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About

Co-fondatrice du webzine et amoureuse depuis toujours de la nature, elle a vécu un coup de foudre en rencontrant l'Auvergne. Si elle a vécu quelques temps près de ces vieux volcans, elle choisit maintenant ses escapades européennes en fonction du dénivelé que la région offre, histoire de faire travailler ses mollets. Avant toute l'aventure Un Trek Une Fille, c'est sur son blog La Boucle Voyageuse que l'envie de partager ses voyages a commencé.

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