Cela faisait quelque temps que nous ne vous avions pas présenté de trekkeuse. Pour nous rattraper, ce n’est pas une, mais deux aventurières dans l’âme que nous vous présentons aujourd’hui sur Un Trek une Fille ! Avec 5 mois de voyage en Amérique latine et 6 treks à leur actif, nous avions très envie de vous faire découvrir Laurélen et Célia du blog Marguerite et Troubadour.

Parlez-nous un peu de votre « grand » voyage en Amérique latine ?

Laurélen : Le 1er août 2017, nous sommes partie pour 5 mois de voyage en Amérique du Sud. Après 3 jours de voyage – dont une escale de 20 heures à Toronto – nous avons atterri à Lima, au Pérou. Puis nous nous sommes dirigées vers Huaraz, la porte d’entrée vers les montagnes de la Cordillera Blanca, et c’est là que notre périple a véritablement débuté. Nous avions cinq mois devant nous pour parcourir l’Amérique du Sud et rejoindre Buenos Aires où nous devions prendre l’avion le 30 Décembre pour retrouver notre quotidien parisien et, accessoirement, nos jobs puisque nous avions réussi à négocier deux congés sans solde.

Célia : Ce voyage était l’occasion de prendre du recul vis-à-vis de notre quotidien, de sortir la tête du guidon et de vivre au jour le jour en restant ouvertes à toutes les découvertes. On voulait aussi prendre le temps de découvrir des pays sans être pressées.

Tout d’abord ‘où vient votre passion voyageuse ? Qu’est-ce qui vous a décidé à « tout lâcher » à Paris pour vivre quelques mois en Amérique du Sud ?

Laurélen : Pour moi, c’était un rêve de gosse ! Je m’étais toujours dit que je partirais pour faire un tour du monde ou un long voyage. Et puis j’ai commencé à travailler après mes études et j’ai sans cesse reporté ce projet. C’était jamais le bon moment et puis je n’étais pas forcément prête, peut-être pas assez mature non plus pour « tout lâcher ». Entre temps, j’ai rencontré Célia et ensemble, on a commencé à beaucoup voyager. Mais le déclic est survenu fin 2015, après les attentats de Paris. Ça a été un électrochoc. Qu’est-ce que j’attendais pour réaliser mes rêves ? C’est à ce moment-là qu’on s’est lancé dans le projet.

Célia : J’ai toujours voyagé mais je n’avais jamais pensé partir aussi longtemps. J’étais assez « scolaire » : les études, la carrière et deux fois par an, je partais en voyage à l’étranger. Et puis en 2016, j’ai traversé une période plutôt compliquée au travail. Ça a été le déclencheur : on a fixé une date de départ et à partir de ce moment-là, on a mis tout en oeuvre pour réaliser notre projet.

Et la randonnée, quand est-elle venue s’immiscer dans vos vies ?

Laurélen : C’est Célia qui m’a initié ! Elle est littéralement née avec des chaussures de randonnée vissées aux pieds. Pour ma part, ce n’était pas gagné. En vrai citadine, j’avais le camping en horreur et je refusais de porter des baskets moches ! ^^ En revanche, j’ai toujours aimé marcher pendant des heures et j’adore les défis. Aussi Célia a commencé par m’amener faire quelques randonnées à la journée lors de nos voyages et très vite, j’ai trouvé ça « trop facile ». A l’époque, je faisais du Roller Derby à un haut niveau donc l’effort physique ne me faisait pas du tout peur. Au contraire, j’avais envie de me dépasser encore plus alors je l’ai convaincu de partir avec moi sur le West Highland Way en Ecosse pendant 7 jours en autonomie. Après ça, c’était trop tard. J’étais totalement accro à la rando !

 

Vous avez fait plusieurs treks en Amérique latine, quels sont vos plus beaux souvenirs ?

Laurélen : En Octobre 2017, nous sommes parties pour Tilcara dans le nord-ouest argentin. On avait vu sur un blog qu’il y avait un trek de 4 jours qui permettait de relier Tilcara à un petit village nommé San Francisco dans les Yungas mais les informations dataient de 2011 et n’étaient pas très précises. Surtout, on ne savait pas si l’on trouverait de l’eau sur le parcours. On s’est dit qu’une fois arrivées à Tilcara, on obtiendrait toutes les informations nécessaires. Et bien non ! On a interrogé l’office de tourisme et toutes les agences de voyage de la ville. Personne n’a pu nous renseigner. C’est comme si ce trek n’existait pas. On a cherché des infos pendant 3 jours en vain. On a fini par renoncer et décider de rentrer à Salta. La veille de notre départ, en désespoir de cause, Célia demande au gardien de nuit du camping où nous avions planté notre tente si – par le plus grand des hasards – il connaissait ce trek. Et là, Ô miracle, le mec nous recommande d’aller voir l’un de ces potes qui a cet instant précis se trouve dans un bar quelque part dans la ville en nous disant : « si quelqu’un peut vous renseigner c’est lui ». Nous n’avons jamais autant galèré pour préparer un trek mais c’est l’un des plus beaux chemins que nous avons parcouru. Dans ces montagnes, la terre est rouge incandescente et des condors balaient le ciel. Le deuxième jour, nous avons été hébergées dans une école située à 2 jours de marche de la moindre ville et construite quelques années auparavant par des militaires. Et pendant quatre jours, nous n’avons croisé personne.

Célia : Mes moments préférés sont les moments où nous nous sommes retrouvées seules en pleine nature. Le deuxième jour sur le Salkantay au Pérou, la météo était exécrable. On devait passer un col à plus de 4000 mètres d’altitude et apercevoir une lagune. Arrivées au col, il y avait une telle purée de poids que nous n’avons jamais vu cette lagune. Par contre, on ne s’est pas laissé abattre ! On a sorti notre petit réchaud pour se faire un thé au sommet sous le regard éberlué des autres randonneurs. On rencontre des gens qui habitent parfois au milieu de rien et ils sont très heureux de nous rencontrer, de voir qu’on se plait à visiter leur pays.

…et vos petites galères ?

Laurélen : Ce sont les conditions météo qui nous ont apporté le plus de difficultés parce que ce n’est pas quelque chose qu’on peut maîtriser ou anticiper… Sur le Salkantay, au Pérou, on s’est retrouvé confrontées à une avalanche tandis que sur El Choro, en Bolivie, on a été bloquées par une tempête de neige.

Célia : Dans la plupart des treks, certaines étapes ont moins d’intérêt que d’autres. On en vient à suivre une route bitumée ou marcher pendant six ou sept heures d’affilées dans une forêt ce qui rend l’étape assez monotone. Ces jours-là, il est moins facile d’avancer en restant motivées. Surtout quand il s’agit de la dernière étape !

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Etiez-vous préparées physiquement à ces treks ? Si oui, comment, combien de temps au préalable ?

Laurélen : Pas spécialement. J’ai un bon niveau sportif notamment grâce au Roller Derby et un bon mental ce qui me permet de faire face aux difficultés. En Amérique du Sud, nous avons parcouru des itinéraires de treks populaires et accessibles à un très grand nombre comme le W, le trek du Canyon Del Colca ou le Salkantay. Pour ces treks, il ne faut pas forcément avoir un excellent niveau sportif. Il faut juste s’écouter, avancer à son rythme sans se mettre la pression et aussi se faire confiance. Après, on a toujours préparé chacun de nos treks en téléchargeant des traces GPX et en consultant les différents dénivelés des randonnées. A chaque fois qu’on partait, on savait à quoi s’attendre. En revanche, si je devais faire des treks plus soutenus en Europe comme le TMB (Tour du Mont-Blanc) ou le GR20, là, je me préparerais à coup sûr avec un entraînement à base de pliométrie par exemple.

Célia : J’ai toujours fait du sport mais pas particulièrement plus en préparation du voyage. Je pratique la course d’orientation depuis deux ans. Du coup, je suis plutôt à l’aise avec une carte entre les mains ! Pendant les randonnées, j’adore suivre nos étapes et consulter régulièrement l’altimètre de mon Smartphone sur la trace GPX. Pour une randonnée de 6/7 heures il ne faut pas beaucoup de préparation et surtout marcher à son propre rythme et faire les pauses quand on en a envie. Pour les grosses étapes, on part parfois très tôt pour marcher tranquillement.

Conseillerez-vous un trek en particulier à une débutante motivée ?

Laurélen : Le trek W dans le parc de Torres Del Paine au Chili. Le trek se parcourt en 4 jours et 3 nuits et surtout, niveau organisation, il peut se faire en « semi-autonomie ». Il est possible de manger dans des refuges ou de louer des emplacements avec des tentes déjà installées. De plus, il n’y a aucune question à se poser quant à l’itinéraire. C’est très bien tracé ! La grosse difficulté de ce trek, c’est la météo et la force du vent patagon. Sinon c’est un très bon itinéraire pour se tester, découvrir des paysages mythiques et prendre goût à la randonnée.

Célia : Le trek du Santa Cruz à Huaraz ! C’est un trek de 4 jours dans le parc national de Huascaran pendant lequel il faut randonner en totale autonomie. On ne croise aucune route ni aucun village. L’itinéraire est simple à suivre, les paysages sublimes, les zones de campement sont toujours proches d’une rivière et quelque soit l’endroit où on pose le regard, on est entouré de montagnes et de glaciers.

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Vous êtes parties avec des sacs à dos contenant toute votre vie pour plusieurs mois. Comment gériez-vous vos sacs pour les treks ?

Laurélen : Nous sommes parties avec deux sacs à dos de 12 et 14 kgs avec assez peu d’affaires mais avec l’intégralité de notre matériel de randonnée. On s’est toujours arrangé pour laisser un maximum de choses dans des consignes dans les auberges de jeunesse où nous séjournions. Ça n’a jamais été un problème. Au contraire, ça se fait très bien. Et, généralement, à notre retour de trek, on y dormait une nuit de plus, ce qui nous permettrait de prendre une douche salvatrice et surtout de faire un très bon repas !

Célia : On restait toujours très simples dans nos affaires de trek : une tenue de jour, une tenue de nuit, quelques affaires pour parer au froid et deux paires de chaussettes. Pour le reste on avait : tente, duvet, réchaud, matelas de sol, gaz, nourriture et lampes frontales.

Des conseils « spécial filles » à partager pour vivre au mieux vos treks ?

Célia : Il ne faut pas trop se charger pour profiter sereinement de sa randonnée. Ainsi, il faut adapter la quantité de nourriture à porter à sa morphologie et a vos propres besoins. Il est aussi très important de miser sur un bon duvet surtout si on est particulièrement frileuse car les perceptions des températures limites et extrêmes des hommes et des femmes différent! Au Pérou, on était souvent réveillé en pleine nuit à cause du froid et seul notre nez sortait du duvet.