Au commencement, il y avait la montagne, à bord d’un sac à dos ! C’est dans les Pyrénées Orientales que j’ai fait mes premiers pas de baroudeuse à bord du « Daddy’s Backpack », j’avais 2 ans… C’est là-bas qu’il m’a appris à m’émerveiller des sommets, à m’enivrer d’air pur et de gorger mes veines d’altitude.
24 ans plus tard, je repars à la rencontre de cette région dont je ne me rappelle qu’à travers les clichés que l’on m’a montré.

Voler sur l’eau

Les voyages en train me semblent toujours magiques. Pour moi, ils ont quelque chose de féérique. Les voyages en train sont le moment de prendre le temps : le temps de contempler, d’observer et de s’émerveiller.
Cet allé pour Perpignan depuis Grenoble fait parti de ces trajets que j’aime tant ! Et pour cause ! Je n’ai jamais pris le train pour aller dans le sud, et par l’autoroute j’avoue on ne découvre pas tous ces délices visuels que j’ai essayer d’imprimer sur ma rétine lors de ce périple: la belle Nîmes aux pierres antiques, la traversée de Sète le long des canaux, puis le train longeant la mer. Cette impression qu’il roule sur l’eau au soleil rasant. Un moment poétique où l’eau scintille sous les derniers rayons du soleil. Des couleurs pastels et un ciel qui s’embrase me fait me sentir comme Chihiro dans les aquarelles de Miyazaki. Je m’évade et me rend compte qu’il n’y a qu’en train que je prend réellement le temps… .

Une fois arrivée à Perpignan (avec le retard légendaire des trains !), le bus nous conduit sur Collioure et Port-Vendres. Mes yeux s’écarquillent…. je n’en reviens pas ! Les photos que j’ai tant regardé deviennent à cet instant la réalité et ce que je découvre est encore plus beau que ce que j’ai imaginé toutes ces années. Au loin, j’aperçois cette montagne qui m’appelle. Je murmure son nom dans mes rêves: les Pyrénées.

Voir la montagne rencontrer la mer

Au réveil, je suis surexcitée à l’idée de partir arpenter ces chemins qui me font tant rêver.
Armée de mon appareil photo, je pars à la découverte de cette terre promise que l’on m’a tant contée. La brume et le vent frais m’accueillent au creux de leurs bras pour cette première journée.
Je reste optimiste, nous sommes dans le sud, le vent devrait faire vite son affaire ! En avant !
La route sinueuse nous fait quitter Port-Vendres et nous guide non loin du Phare du Cap Béar, d’où partent de nombreux sentiers dont celui qui va guider notre journée.

Je décide de rester en retrait. Je savoure le silence qui m’entoure que seul mon déclencheur vient briser de temps à autre. Le vent pousse la brume, me laissant découvrir petit à petit, tel un voile qui se lève, les vallons Pyrénéens qui bordent le littoral.
Mes pas me guident jusqu’à ce phare impressionnant qui accueille bon nombre de marins à travers la tempête. Je m’y sens toute petite à coté de lui… Le vent m’apporte l’odeur iodée de la mer, je me sens totalement détendue.
Cette atmosphère brumeuse me laisse aller à la contemplation. Un petit sentier se dessine juste devant moi. Mes baskets me démangent : je n’ai qu’une seule envie, me mettre à courir ! C’est l’endroit rêvé pour faire un trail, Julien me le confirme d’ailleurs voyant mon émerveillement.

A ce moment-là, je crois être au paradis. Aux pieds des falaises sur lesquelles je suis perchée viennent se briser les vagues dans ces eaux turquoises. Cette terre me semble si sauvage et préservée, c’est un appel à la paix intérieur, à la détente et à l’admiration. A ce moment-là, écoutant le bruit de l’eau, je le sais au plus profond de moi : je suis en train de tomber amoureuse de cet endroit!

Ce sentier nous guide jusqu’au site des Paulilles; jardins botanics préservés et entièrement gratuits. Je déambule à travers les différents espaces végétaux qui proposent aux visiteurs un tour du monde exotique.
Ici, la nature se mêle à l’histoire: je découvre l’atelier des barques où sont rénovées, dans la plus grande tradition, ces embarcations de bois. Je me sens apaisée. Un peu plus loin, une petite plage, notre guide nous explique alors qu’il est tout à fait possible de faire des kilomètres le long du littoral, de rejoindre le site des Paulilles pour profiter d’une petite baignade et de rejoindre la ville par le biais d’un système de bus dont le prix du ticket est fixé à 1€ en été. Ce système m’enthousiasme grandement !

Je crois que je ne pouvais rêver mieux pour cette première journée dans les Pyrénées, cet « avant-goût » me donne envie de continuer à explorer, parcourir, gravir et découvrir la belle. Je recommande grandement ces sentiers préservés le long de ce beau littoral encore sauvage. Allez vous perdre dans les Pyrénées Orientales, vous ne le regretterez pas ! En plus, on y mange très bien!

Notre rédactrice Charlotte a eu l’opportunité de vivre ce séjour grâce à un partenariat avec l’Agence de développement touristique des Pyrénées-Orientales, que nous remercions chaleureusement!