Rando'

Randonnée dans le parc naturel de Cabo de Gata

On accueille Lucie dans un article invité aujourd’hui! Elle qui vit en Italie et qui en parle beaucoup sur son blog, L’occhio di Lucie, elle avait aussi envie de partager une bien jolie randonnée en Espagne et quoi de mieux que de la faire sur le webzine ?

Salut, moi c’est Lucie. D’habitude, je parle de voyages mais surtout d’Italie sur mon blog perso mais il faut savoir que pendant neuf mois, j’ai aussi vécu et voyagé en Espagne ! J’adore le concept d’Un Trek Une Fille et j’avais vraiment envie de partager une des rando espagnole que j’ai faite, vraiment superbe. Je vous emmène ?

L’arrivée dans la réserve de Cabo de Gata : dans l’enfer andalou

Nous étions partis sur les routes de l’Andalousie et après avoir visité Grenade, nous avions décidé de nous arrêter dans petit coin de bout du monde, le parc naturel de Cabo de Gata. Lors de mon arrivée en Espagne, j’avais été assez choquée par les côtes bétonnées et généralement abîmées par des monstres construits par l’Homme. J’avais hâte de découvrir une nature préservée, un lieu intouché.

Depuis Grenade, nous avons choisi de passer par la côte, persuadé de longer une mer splendide baignant un beau littoral montagneux… en réalité, un paysage tout à fait cauchemardesque s’étale sous nos yeux. La montagne, grignotée en terrasses, couverte de serres plastifiées étincelant sous le soleil. Pas un arbre. Rien d’autre que du plastique, à perte de vue. De l’autre côté, le reflet plat, brillant et aveuglant, de la méditerranée. De temps à autres, des tours hideuses qui viennent rompre le paysage : village balnéaires, verrues architecturales encerclées de serres. Le long de la route, quelques poubelles, parfois, dégueulent de tomates rouges.

Voilà d’où viennent les tomates d’Espagne que nous mangeons en hiver. Si vous n’êtes pas encore persuadés des bienfaits environnementaux d’une alimentation de saison (et si possible locale), allez faire un tour dans cet enfer andalou.

Au moment où je me prenais à douter de notre choix, voilà que surgit, sur le bord de la route, un panneau : Cabo de Gata ! Soudain, le plastique blanc se rend, la terre réapparaît, comme déshabillée.

Bienvenue au paradis : dans la réserve de Cabo de Gata

Nous sommes en décembre, l’air est doux, le soleil puissant et le panorama sur la mer splendide. On se promène un peu au hasard dans la réserve avant de décider de renoncer au camping sauvage : interdit dans le parc, nous serions bien trop visibles. Les habitants de Grenade nous ont prévenus, nous risquons d’avoir la guardia civil devant la tente beaucoup trop vite. D’autant plus que dans le petit village de San José, au cœur du parc, on trouve une auberge de jeunesse très agréable à un prix très doux. Objectif : passer une bonne nuit de repos pour mieux randonner dès le lendemain.

Le soir, nous prenons le temps de profiter de la plage et d’une promenade au dernières lueurs du jour. Le long de la mer, bien que nous soyons complètement hors saison, de nombreux hippies vendent des bijoux artisanaux. Le soir, il est possible de faire du feu dans la salle commune de l’auberge où nous sommes seuls. Pas la peine, la soirée est si douce que nous restons dans le patio à discuter avant d’aller dormir.

Notre randonnée dans le parc naturel de Cabo de Gata

Le matin, très tôt, le réveil sonne le départ. Nous partons à pied sur le sentier repéré dans l’un des guides disponibles à l’auberge. Bien que nous soyons en décembre, nous avons prévu une bonne quantité d’eau : nous nous en féliciterons très vite. D’abord large, marqué des roues de 4×4, le chemin est encaissé dans une carrière. Pourtant, il se resserre très vite pour se rapprocher du littoral qu’il surplombe. Le panorama est à couper le souffle, la mer un joyau de transparence. Ses camaïeu de bleu ne cessent de m’étonner et de révéler avec délicatesse les rondeurs des galets sur la plage en contrebas.

Après une heure sur ce chemin abrité du vent et exposé plein soleil, nous avons chaud et commençons à apercevoir au loin une crique entourée de falaises blanches. Tous les cent mètres, le panorama me semble plus beau, je n’arrive plus à m’arrêter de le photographier ni de le contempler.

Au loin, on distingue une large bâtisse en ruine, avec une tour ronde. En s’en approchant, nous commençons à rencontrer des maisons : nous entrons dans le village hippie de San Pedro !

Petite oasis, ce village est composé de quelques baraques de pierre aux terrasses fleuries. Pas d’eau courante, une fontaine potable alimente le village. Les règles de vie du lieu accueillent, sur un large panneau fleuri, les visiteurs de passage. Pas de toilettes, vous êtes priés d’utiliser les latrines sèches signalées par de petits drapeaux.

Sur la plage, une fille, en maillot, promène son chien en fumant un gros joint. Plus loin, un homme, entièrement nu, fait la sieste. Il y a de la musique dans l’air. Nous sommes arrivés au paradis des hippies. Voilà comment, le 8 décembre, j’ai pique niqué sur la plage en maillot après m’être baignée, dans le sud de l’Espagne.

Après avoir passé l’après-midi dans ce microcosme joyeux à jouer au carte et à dormir, nous sommes repartis par le même chemin qu’à l’aller, jusqu’à retrouver San José et notre voiture. Le même chemin qu’empruntent les habitants du petit pueblo de paradis pour aller vendre leurs créations aux touristes à la ville.

INFOS PRATIQUES

Durée de la randonnée : env. 3h30 a/r

Difficulté : très facile, même si certains points peuvent donner le vertige (pas de barrière de sécurité, précipice proche du sentier)

Matériel : rien de spécial, beaucoup d’eau, un pique nique

Saison à privilégier : à mon avis, toute l’année sauf juin-juillet-août-septembre, mois de chaleur extrême dans le sud de l’Espagne.

Signalisation : pour trouver le marquage du sentier et son départ, il faut prendre des renseignements ou acheter une carte auprès de l’office du parc situé dans le village de San José, ou après de votre hébergement. Beaucoup de touristes viennent pour la rando, il y a de nombreux sentiers et il est difficile de se perdre car la plupart longent simplement la côte.

Adresse hébergement : Albergue de San José, Calle Montemar, 7, 04118 Cabo de Gata, Espana

Prix : hors saison moins de 20€ et en saison moins de 40€

On accueille des articles invités sur le webzine! N'hésitez pas à nous écrire par email si cela vous intéresse vous aussi de publier un article sur un sujet outdoor qui vous passionne!

0 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *