Certaines préfèrent partir à deux ou en famille tandis que d’autres aiment partir en randonnée seules, le long des chemins ardus des montagnes. Est-ce bien prudent? Faut-il prévoir sa randonnée en conséquence? On vous parle de notre point de vue dans cet article! 

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Pourquoi et comment partir seule en randonnée ?

Celles qui se sont aventurées seules en rando savent pourquoi elles l’ont fait et pourquoi elles recommenceront ou ne le feront pas. Lorsqu’on se décide à randonner seule, c’est par choix: le choix de vivre un moment de solitude pour se recentrer sur soi-même, le choix de se lever aux aurores pour pouvoir assister à un lever de soleil, le choix de préférer se dépenser même si notre compagnon de rando nous lâche à la dernière minute… On randonne seule car on « le sent » et parce que l’on aime le faire. Parfois, c’est aussi un challenge : quelle plus belle façon de se prouver à soi même que l’on peut se dépasser et gravir une montagne seule ?

On le sait cependant, partir seule à l’aventure (et d’autant plus quand on est une femme — puisque nous sommes bien souvent perçues comme vulnérables, ça ne vient pas de moi et ça ne date pas d’hier…) ça se prépare (un minimum). Je ne parle pas de la petite promenade du dimanche mais de la rando, la vraie !

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Comment?

  1. Préparer son itinéraire
    Connaître son chemin et se munir d’une carte sont souvent le minimum requis pour pouvoir partir se balader sereinement, et sans angoisses en fond sonore. Vous serez non seulement tranquille, mais vous rassurerez également votre entourage !
  2. Être bien équipée
    Si vous partez faire l’ascension d’une montagne de plus de 2000 m d’altitude, ne partez pas avec vos petites baskets de ville. Oui, ça relève du bon sens, mais il faut savoir être bien équipée pour partir en toute sécurité… car en montagne on n’est jamais à l’abri de glisser… Dans la même lignée, pensez à vous munir d’eau, d’un casse-croûte, d’une veste de pluie, et si besoin de vêtements de rechange ou à ajouter en couches !
  3. Avoir envie et s’en sentir capable mentalement
    Partir seule en montagne demande avant tout d’en avoir envie, réellement, et de s’en sentir capable au delà du sens physique. On peut avoir envie de tester pour se challenger, et ne jamais vouloir recommencer ou au contraire découvrir cette activité sous un nouveau jour !

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Les dangers de la rando seule

Le risque zéro n’existe nulle part, et on sait bien qu’on n’est pas plus à l’abri en partant seule qu’en traversant un passage piéton. C’est pourquoi il faut relativiser le danger, ou savoir l’anticiper pour randonner seule en toute tranquillité ! Voilà pourquoi il est toujours important que quelqu’un connaisse votre trajet ou au moins vos intentions d’itinéraire, en cas de besoin ! Une chute ou un malaise permettra aux secours de vous retrouver plus rapidement (oui c’est alarmiste comme discours mais il faut savoir y penser…!).  

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Les anecdotes de la team 

Pour cet article un peu spécial (et un poil long), j’ai voulu « inviter » les filles de la rédac’ à me raconter une de leur expérience en rando seule (qu’elle soit positive ou négative).

« Quand je me suis installée en Auvergne, j’ai vite pris l’habitude de partir en balade plus ou moins longues dès que le temps le permettait. Aussi, n’ayant pas toujours de compagnon de marche sous la main, il m’est arrivé très souvent de partir seule quelques heures. Un jour de printemps, l’envie me prend de découvrir un nouveau chemin. Sans prévenir personne je m’engage dans ma balade depuis le village où j’habite dans un sentier accessible mais pas balisé pour la randonnée. Je grimpe, sans me poser de questions, j’observe paysage et fleurs devant moi. Puis, à la sortie d’un virage mais encore plus haut que moi, j’ai l’impression de voir deux vaches et leurs veaux au milieu du chemin. Elles me font un peu peur ces vaches auvergnates, les salers. Grandes, rouge foncé avec leurs grandes cornes. Pensant qu’elles sont en fait dans un pré fermé par des fils que je ne vois pas d’où je suis, je continue ma marche sereinement… jusqu’à ce que je me rende compte qu’elles sont réellement au milieu du chemin, libres, à me regarder d’une drôle de façon. Je me stoppe mais c’est trop tard, un des mères n’apprécie pas ma proximité avec ses petits et gratte son sabot au sol en soufflant avant de commencer à s’élancer vers moi. Alors, sans réfléchir, je me suis mise à courir le plus possible dans le sens inverse (ouf c’était une descente du coup), cherchant un arbre ou grimper sans succès. Je m’enfonce en panique dans un sous-bois broussailleux en espérant qu’elle ne me suit plus. A bout de souffle je me retourne enfin. Rien en visuel, rien à l’oreille, je crois que tout va bien. Au final, plus de peur que de mal car avec le recul je pense juste que cette vache voulait m’impressionner et n’a fait que quelques pas pour me faire peur (c’est réussi). Mais depuis, j’ai appris à traverser les estives en contournant les troupeaux pour éviter de casser « le fil imaginaire entre le veau et sa mère ». Et, conseil d’auvergnat habitué aux randonnées dans les estives, toujours randonner avec un bâton pour se défendre contre les intimidations animales, surtout quand on est seul. » — Julie

« Les anecdotes de rando’, j’en ai plusieurs dans les tiroirs. Et pourtant quand j’y repense, celle qui m’a le plus marqué, je pense que c’est celle de Cave Hill que j’ai faite l’année dernière à Belfast. Oui, à Belfast il y a une grande colline que l’on peut grimper en quelques heures, et une fois en haut la vue est superbe. On l’appelle Cave Hill car à mi-chemin il y a une grotte. Me voilà donc parti après manger pour me rendre au sommet de la colline de Belfast. Le soleil est au beau fixe, les oiseaux chantent et moi, je marche tranquillement (j’ai l’habitude de m’y rendre). Le plus embêtant en Irlande, c’est qu’il faut toujours se préparer aux pires questions météo, même s’il fait un temps radieux quand on part. A mi-chemin, le ciel était devenu noir. Les éclairs commençaient à se faire entendre et je pouvais apercevoir tous les randonneurs redescendre au pas de course. La pluie est tombée si vite que tous les chemins se sont transformés en coulée de boue. Impossible pour moi de redescendre, c’était trop dangereux. Je me suis donc réfugiée… dans Cave Hill ! Quelques heures se sont écoulées et l’orage passé, j’ai finalement décidé de continuer mon chemin tout en haut de la colline pour pouvoir redescendre de l’autre côté ou il y a une route plutôt qu’en forêt. En gros, rentrer chez moi m’a pris près de 5heures ! Il faut donc toujours faire attention en partant seule. » — Violaine

« Je m’enfuis souvent seule en montagne. Pour un départ sur un coup de tête, ou car personne n’est disponible pour m’accompagner… Mais aussi et tout simplement car j’aime parcourir les sommets seule. Etre seule là-haut, permet aussi une grande liberté : changement d’itinéraire, prendre le temps pour faire de la photographie. Mais aussi et ce que je préfère par-dessus tout : se retrouver avec soi-même. Le silence qui m’entoure quand je grimpe permet d’acquérir ce que j’appelle la « sagesse », l’écoute de soi, l’observation de l’environnement, de la nature. Et ce silence m’a déjà permis plusieurs fois de faire de très belles rencontres, de vivre et d’observer des moments vraiment magiques grâce aussi, souvent à la douceur d’un matin brumeux, ou d’un soleil couchant. Avoir la chance de regarder les bébés bouquetins très curieux qui apprennent à descendre des pentes ultra raides, ou croiser une famille de renards. Ce sont des moments rares et précieux qu’on a plus de chance de vivre seul, et à pas de velours. Cette absence d’accompagnement vous pousse à l’ouverture et à l’observation de ce qui vous entoure. A vous imprégnez à ressentir les choses mais aussi à vous écouter vous-même, à vous ressourcer… mais prévenez toujours quelqu’un qui saura où vous vous trouver ! » — Charlotte

Ma propre expérience — Contrairement aux filles de la team, je ne suis jamais partie en rando seule. Je me sens plutôt inconfortable à cette idée. D’abord parce que j’adore partager ce genre de moments avec quelqu’un, admirer les paysages, échanger sur ce que l’on fait et refaire le monde. Je trouve que la montagne nous permet de prendre un peu de hauteur (sans mauvais jeu de mots) sur notre quotidien, et comme les voyages, c’est une activité qui rapproche. Je ne m’imagine pas non plus partir avec ma paire de chaussures de randonnée et mon sac à dos toute seule, parce que je suis de ces flippettes qui imaginent le pire. Au delà de cette angoisse, je n’en ai tout simplement pas envie. En revanche, il m’est arrivé une expérience qui m’a conforté dans cette idée de ne jamais partir seule (mais cela n’engage que moi). Je m’éloigne souvent du groupe (dans le cas où l’on part à plus qu’à deux) pour prendre des photos. C’est une passion que j’entretiens particulièrement en voyage, en montagne ou durant mes sorties de plein air. Lors d’une rando raquettes, seule derrière le groupe qui avait avancé d’un bon pas, une coulée de neige (sur un sentier pourtant balisé) m’a fait détaler comme jamais. Le bruit était plus impressionnant que la chute, et m’a laissé imaginé que j’allais me faire emporter par la neige, alors que la coulée n’a pas atteint le sentier. J’ai marché d’un pas décidé pour retrouver mes amis, résolument convaincue de ne plus les quitter. Plus de peur que de mal donc (je vous ai dit que j’étais une flippette…) ! 

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Alors, j’y vais ou j’y vais pas ?

Finalement, tout est une question de feeling, mais avant tout d’envie. Si vous aimez partir seule et que l’aventure vous tente, partez à l’aventure ! Cependant, n’oubliez pas de prévenir quelqu’un dans votre entourage pour que l’on sache où vous vous trouvez. Évitez les « folies dangereuses » du type « tiens je couperais bien à travers ce bois même si ce n’est pas prévu dans mon itinéraire ». Parfois, mieux vaut aussi rester prudent. Idéalement, si votre itinéraire est tout tracé, donnez en une copie à quelqu’un de votre entourage. Oui, bon on sait, ce n’est pas des plus spontané mais cela pourra vous éviter bien des ennuis !

Et vous, la rando seule ? Vous avez déjà testé et approuvé ? Êtes vous tentée ou rebutée ?