Trek

Taillefer : trek en hiver, 24h en montagne

J’aime les défis, c’est certain !
Mais qui aurait l’idée d’aller dormir sous la tente dans la neige à près de 2000m d’altitude par -10 degrés ? Eh bien moi ! C’est le défi que je me suis lancé l’hiver dernier et que je vous propose de partager avec vous ici, dans cet article.

 

La montagne

Le Taillefer, c’est mon massif préféré. J’ai toujours un petit coup d’œil pour lui peu importe le massif sur lequel je me trouve en région Grenobloise, mon cœur lui revient à chaque fois.

Peut-être parce qu’il est resté sauvage, mais aussi parce que je le voyais de la fenêtre de chez mes parents. Surement aussi car c’est sur cette montagne que j’ai réalisé mon premier trek (qui était en été, je vous rassure). Pour atteindre le sommet du Grand Taillefer, il faut compter environ 6h de marche pour faire une jolie boucle d’environ 22km. Et près de 1300 mètres de D+.

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Un trek d’hiver

Quand on fait un trek en hiver, il y a bien plus de choses à prendre en compte, vous vous en doutez: la météo bien entendu, l’état de la neige mais aussi les températures.

Il faut aussi prévoir du matériel supplémentaire par rapport à un trek en été : des vêtements plus chauds, une pelle à neige, un piolet (selon où vous allez). Des crampons peuvent aussi être utiles ainsi qu’une tente appropriée bien évidemment. Prévoyez de quoi mettre vos petites bouteilles de gaz (pour votre réchaud) dans une grosse chaussette pour la garder « au chaud » et ainsi ne pas avoir de soucis pour l’allumer! 😉 Bien entendu, vous ne risquez pas de manquer d’eau car la neige vous entourera (sacré avantage par rapport à l’été).

Mais alors, quel est l’avantage des treks en hiver, me direz-vous? Des paysages différents et doux, la redécouverte d’un endroit que vous pouvez connaitre par cœur le reste de l’année, une beauté pure; le manteau blanc est selon moi le plus beau, même s’il reste le plus dangereux…

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Mon aventure

Pour ce trek, nous sommes partis des 3 Chalets de l’Alpe du Grand Serre à 12h avec un grand soleil. Des paysages à couper le souffle. Les sacs bien chargés sur nos dos, les guêtres sur les chaussures, la pelle à porter de main en cas de soucis. Nul besoin de raquettes, la neige était bonne et pas trop épaisse.

Nous marchons alors à travers les bois et faisons 700m de D+ en 1h30, jusqu’à ce que le mauvais temps arrive. Il était prévu en fin de journée mais en montagne, tout va toujours très vite. On est alors à 1800m d’altitude, il est 14h et nous décidons de continuer, « on verra bien ce que ça donne dans la prochaine demi-heure« , s’est-on dit.

La pente devient plus raide et nous avons à présent de la neige jusqu’aux genoux (on aurait dû prendre nos snowboards pour la descente !). La difficulté est là et nos sacs à dos bien chargés commencent à nous faire sentir nos épaules et notre dos.

15h : nous sommes en plein brouillard à 2100m d’alti. Le froid nous brûle les joues et la visibilité est de plus en plus mauvaise. On se demande quoi faire. Il était initialement prévu que nous allions bivouaquer au lac du Broufier sous la crête pour monter au Taillefer, afin de faire un bout d’ascension le lendemain matin.

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Malheureusement, et comme souvent en montagne, nous avons préféré faire demi-tour, ne pas forcer le destin. Le Taillefer est réputé pour être un des massifs les plus meurtriers en hiver. Notre instinct nous crie de faire demi-tour. Tant pis, pas de bivouac sous la tente pour nous aujourd’hui. Nous descendons alors au Marais du Pourssolet pour trouver refuge dans la cabane. Nous sommes d’ailleurs bien contents de s’y réfugier !

Une nuit en cabane

Une fois les affaires déposées et après avoir découvert, pour notre plus grande joie, une poêle dans la cabane, nous partons à la recherche de bois (en hiver et dans la neige… cherchez l’erreur!). Il nous faut du bois sec… Mais à l’aventure comme à l’aventure, on fera avec les moyens du bord !

On a finalement trouvé du bois et là, notre mission et nous l’acceptons, sera d’allumer un feu avec du bois humide… Quelques flammes, on y croit, on retente mais il finit toujours par s’éteindre. Pourtant ces quelques flammes font chaud au cœur.

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Après l’échec du sommet, la désillusion du feu ! La fin de journée s’annonce difficile et je tremble de froid. Le moral dans les chaussettes, j’essaie de me réchauffer quand bien même avec une soupe.

Mais il est impossible de me réchauffer, j’ai froid aux pieds. En fait, j’ai froid partout. Je vous assure que je me suis sérieusement demandé ce que je faisais là, pourquoi parfois je tente des trucs complètements fou ! On voit la neige tomber dehors et il fait alors -5 degrés.

Vers 18h, la découverte d’un « trésor » nous redonne espoir: du papier journal (on retente alors d’allumer un feu, on en aurait bien besoin tant pour le moral que pour se réchauffer un peu)! Mais l’humidité aura raison de nos flammèches.

J’ai déjà 4 couches de vêtements sur moi et les pieds dans le duvet …

19h. Un peu de riz bien chaud. Cela me fait le plus grand bien. On se demande quand même si on passera la nuit dans cette cabane ou si l’on ferait mieux de descendre à la station (le Yéti va peut-être venir nous rendre visite…). Le froid est vraiment présent, je suis en mode « grelottage » intensif.

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20h30 : la joie d’un trek, c’est que tu te couches toujours super tôt. Après un petit tour dehors (on avait presque trop chaud!), le ciel clair nous promet une nuit des plus froides.

On s’emmitoufle alors dans nos duvets avec chaussettes aux pieds et un bonnet. La nuit sera longue avec peu de sommeil…

Le lendemain matin, la vue est à couper le souffle. Le soleil se lève entre les sapins et, notre petit déj’ dans la cabane avec notre café au cœur de ces montagnes me fait me rendre compte que je n’ai décidemment aucun regret de cette aventure !

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Je vous conseille de profiter des derniers jours d’automne pour aller faire un tour avec toutes ces couleurs incroyables, vous en prendrez pleins les yeux, je vous le garanti!

Je vous conseille aussi de voir ce Taillefer avec son manteau blanc. Même si vous n’allez que jusqu’au lac du Broufier, c’est un endroit magique.

Et vous, avez-vous un endroit dont vous ne vous lacez pas ?
Avez-vous déjà tentez l’expérience du trek en plein hiver ?
N’hésitez pas à partager vos expériences avec nous ! 🙂
À très vite pour de nouvelles aventures !

2 Comments

  1. Brrr… j’ai froid rien qu’en regardant les photos ! Pour le moment je me contente de balades en raquettes l’hiver (et c’est déjà un petit défi pour moi, à cause du froid!).
    Pour le trek j’espère que c’est pour très bientôt, mais ce sera en été et éventuellement au Maroc lol! (au chaud quoi!)

  2. Ah, moi je préfère l’automne et ses couleurs, ses averses, ses rayons de soleils entre deux nuages, ses feuilles mouillées ou craquantes sous la chaussure, ses journées où l’été revient nous faire un signe avant de s’en aller, sa météo changeante,…
    Mais je dois avouer que la neige apporte toujours une certaine touche de mystère aux paysages, et surtout, j’adore le silence qu’elle apporte au promeneur, on a une impression de sérénité, on se sent vite « seul au monde », c’est très apaisant.
    En tout cas, chapeau, c’est pas moi qui irait faire ça 😉

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