Trek

Trek l’Esprit Voyageur

Une aventure un peu folle qui s’est présentée à moi par le plus grand des hasards.
Dominique Moreau, auteur du blog Aventure Nature propose de faire des treks un peu « spéciaux », et j’ai dit oui. Je vous raconte ?


Spéciaux dans le sens où je ne le connaissais pas avant de partir en trek avec lui, et je ne savais pas non plus ou il m’amènerait vivre cette aventure. Une expérience originale donc. Adorant l’idée de partir avec un quasi inconnu pour un endroit inconnu j’ai foncé… Et j’ai vécu une aventure fabuleuse, à couper le souffle!

Refuge de la Pra

Refuge de la Pra

Destination du trek : Inconnue

9h lundi dernier: je récupère Dominique à Grenoble. On se rencontre pour la première fois (on a eu quelques échanges par mails mais pas plus). À ce moment-là je ne sais toujours pas ou est-ce qu’il m’amène, quelle randonnée, quel sommet il va me proposer, ni même le massif. Et je suis totalement euphorique!

Dans la voiture il me dit: « tu suis Gières, puis Domène jusqu’à Revel. Et puis tu prendras Freydières.» L’itinéraire me fait sourire étant donné que la semaine passée je courrais après Aurélien Collet pour l’Ut4M à Freydières sous une pluie terrible. J’espère cette fois-ci que Belledonne me réserve de jolies surprises et un temps un peu plus clément.

Je suis heureuse de découvrir que cette aventure me mène dans Belledonne, car c’est le massif que je connais le moins. Et qui me fait de l’œil depuis longtemps !

Nous laissons donc la voiture à Freydières (à 1200m d’altitude), après avoir emprunté une route-chemin qui nous mène au pied de notre départ. Nous prenons un chemin qui nous indique « Lac du Crozet – Refuge de la Pra ». Je suis vraiment enthousiaste en découvrant ce parcours. En effet, depuis le temps qu’on me parle de ce endroit enfin, je vais pouvoir l’approcher.

Notre ascension commence donc à travers les bois : « Promenons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas… ». Ce n’est pas le loup que nous croisons mais les Patous avec le berger qui descend les troupeaux, pour nous dit-il « les trier ».

Une fois ce petit épisode passé, nous continuons notre marche jusqu’au lac que j’aperçois rapidement avant qu’il ne disparaisse sous une épaisse brume. La météo n’a pas l’air vraiment avec nous. Ça inquiète un peu Dom’  mais je reste confiante, on sait tous les deux que le temps peut très rapidement changer en montagne.

Le lac du Crozet est pour moi l’occasion de tester l’eau plutôt très fraîche en y mettant les pieds à presque 2 000m d’alti. On grimpe plutôt bien. Les cuisses commencent d’ailleurs à chauffer!

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Avec Dom’, on apprend très vite à devenir un petit bouquetin malgré notre paquetage d’environ 10 kilos chacun. Il n’aime pas trop les chemins bien balisés, c’est selon lui : « trop facile ! ». Le plus simple et le plus sympa est alors de passer « hors sentiers » ou je me retrouve à grimper à même le rocher ! Le monsieur a une fâcheuse tendance à nous faire repousser nos propres limites mais c’est plutôt génial quand on aime se dépasser.

Nous faisons notre pause pic-nique vers le refuge de la Pra. J’ai une grosse pensée à ce moment-là pour les copains de l’Ut4M qui sont exactement passés par là il y a quelques jours.
Devant moi se dresse encore d’énormes montagnes ! Et on ne voit même pas encore notre sommet. Dom’ ne peut plus me le cacher, je l’ai compris : on s’en va droit vers la Croix de Belledonne.

Après une petite collation qui se terminera par un petit pain au Nutella (bah oui faut prendre des forces hein !) nous reprenons notre ascension direction les lacs Doménon. Ou le soleil brille malgré la brume qui nous suit.

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Une fois aux lacs, on aperçoit nos premiers chamois au loin. Dom’ m’annonce qu’à la base il pensait faire le camp de base ici. Mais vu que la météo est plutôt belle, on décide de garder notre paquetage avec nous et d’aller planter notre campement un peu (beaucoup) plus haut !!

À partir de maintenant, on évolue en total hors piste, et je ne vous le cache pas qu’à environ 2500m d’alti le cardio commence à se faire sentir! Je continue d’avancer avec « le smile » Dom’ gambade devant moi. Il est dans son élément, à l’aise comme un chamois. Il a une facilité d’évolution qui me fascine.

Mais je suis dans ses traces: il a beau essayer de me semer, il n’y arrive pas! J’apprécie chaque moment, chaque paysage, qui a d’ailleurs perdue sa verdure, la forêt a disparu, nous sommes maintenant sur un sol beaucoup plus lunaire, les cimes sont pointues et ses falaises m’appellent. En continuant mon ascension je lève la tête en direction des sommets, et là j’aperçois des grandes cornes et un « monstre » velu qui m’observe sagement.

Je fais quelques signes à Dom’ pour lui montrer ma découverte et il me fait signe de le rejoindre rapidement. Moment unique et magique, sur cette terre lunaire: une trentaine de bouquetins en train de profiter du soleil et du paysage. Ni une ni deux, nos appareils photos sont dans nos mains, et je savoure ce moment précieusement.

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Une fois ce petit shooting improvisé terminé nous reprenons notre marche. Nous cherchons un endroit pour poser notre camp de base, mais ça ne convient pas à mon acolyte. Nous continuons donc direction le sommet. Un peu plus haut on croise un lac encore gelé, à presque 2800m d’alto. Et nous traversons un névé ou nous verrons 2 jeunes chamois un peu plus haut s’amuser comme des petits fous dans la neige.

© Dominique Moreau

© Dominique Moreau

Enfin je vois le sommet (qui m’a l’air encore très loin.) Le sol a encore changé, cette fois je marche sur une roche de fer, bien rouge, les cairns guident notre parcours sur cette terre de roche.

La Croix surplombe Grenoble. Je la vois, elle touche le ciel. Si je tends un doigt et que je ferme un œil je la touche moi aussi, mais le but est bel et bien de l’atteindre. Nous trouverons finalement un endroit pour établir notre camp de base 1* (je vous expliquerais pourquoi 1 sous peu 😉 ) à 2850m d’altitude, environ 500m sous la croix. Notre tente en place, et notre sac déchargé du superflu on se dirige vers le sommet il est à présent 19h. Pour y voir le coucher de soleil.

Une fois au sommet,  je n’ai pas de mot pour vous dire ce que j’ai vu / ressenti. Une mer de nuages à l’infini sur le Vercors et la Chartreuse, une couleur orangée ultra douce et les vents qui font des nuages de grosses boules de cotons. Derrière nous sur la Maurienne, un ciel noir, rempli de cumulonimbus ces nuages que ni les pilotes ni les alpinistes n’aiment. Moi je regarde plein Ouest, je me brûle la rétine de cette lumière fabuleuse. On se croirait au paradis. On n’a pas de mot, je répète en boucle « c’est complètement fou ».

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Impressionnée c’était le mot. Magique, fabuleux, hors normes, une autre planète.

Puis il sera temps pour nous d’entamer la descente. Mais notre instinct nous crie « attention » les énormes nuages de Maurienne, nous foncent à présent dessus. Nous prenons le temps de notre descente au camp de base 1* pour décider de ce que l’on fait.

Finalement, une fois au camp de base nous décidons de démonter par prudence, ce serait une mauvaise idée de rester sur des roches de fer avec l’orage qui nous fonce dessus. On démonte en 2/2. On sort les frontales (il est 21h) et on entame notre descente vers les lacs du Doménon. Finalement, on aurait dû laisser notre camp là-bas…

La descente est épuisante pour moi. Et me parait durer une éternité. Dans le noir mon seul repère pour savoir où l’on est c’est mon alti. Je surveille aussi le baromètre. On plantera la tente finalement une heure et demi plus tard. Et Dom’ nous fera la « popote ». On atellement faim qu’on aurait pu manger un bouquetin !!

Cette descente de nuit nous aura permis aussi de découvrir une voie lactée absolument incroyable et pure. Un autre moment magique pour moi. Une fois sous la tente et le repas avalé je ne tarderais pas à rejoindre Morphée. Le lendemain se sera retour à la voiture et découverte pour moi du paysage de la montée qui m’était caché à cause de l’épaisse brume.

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Conclusion: on recommence quand ?

1700m de D+, un sommet a 2950m d’altitude. Un rêve les yeux ouverts.
Dom’ m’aura vraiment tout fait faire. Je ne connaissais pas cet homme et 24h plus tard après lui avoir confié ma totale confiance, je peux dire que je le suivrais presque aveuglément.
Il m’a fait me dépasser, découvrir des paysages tellement beaux, avec une descente de nuit qui était une première pour moi.

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© Dominique Moreau

© Dominique Moreau

On descend de notre montagne grandit comme bien souvent. On a touché le paradis sur terre. Ça c’est sûr. J’ai déjà envie de refaire mon paquetage pour repartir à la conquête des cimes, toujours plus haut, pour toucher encore plus les étoiles.


Alors encore une fois, merci Dom’ pour cette aventure.

Et vous, serez vous prêt(e) à le suivre à votre tour ?


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3 Comments

  1. Les photos de la mer de nuages au coucher du soleil sont absolument magnifiques! Nous n’avons pas eu le temps de rechausser nos chaussures de marche depuis quelques temps et ça me manque… Merci Charlotte pour cette petite dose d’évasion et surtout à Dom’ de t’avoir emmené. On vous accompagne quand vous voulez 🙂

    • Charlotte

      🙂
      Ecoute Letizia c’est avec plaisir si l’occase se présente, que je partirai chargée de mon sac à dos en ta compagnie ! Contente d’avoir pu t’amener un peu avec moi a travers ce récit !

  2. FABULEUX PERIPLE …..
    On en prend plein les yeux ……splendides photos ….
    MERCI POUR CES MOMENTS DE PUR BONHEUR ……<3

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