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Interview trekkeuse: Nastasia au Chili

Un Trek Une fille, c’est un webzine créé pour, et surtout par les filles. Alors on a décidé de demander à des filles de nous raconter leurs aventures. Aujourd’hui nous sommes heureuses de vous présenter Nastasia qui a mis cap au Chili en parcourant les sentiers du Cabo Froward.

TOI, NASTASIA, LA TREKKEUSE

 Bonjour Nastasia, bienvenue dans Un trek Une fille !
Pour commencer, peux-tu nous en dire plus sur ton histoire d’aventurière et… sur toi? Es-tu s
portive dans l’âme depuis toujours ?

J’ai commencé à marcher sur le tard, en revenant de mes études parisiennes, dans ma Haute-Savoie chérie, soit il y a 8 ans maintenant… (OUCH) Mais j’ai toujours été assez sportive et dynamique !
Pour ce qui est des voyages, c’est mon mode de vie maintenant, je voyage au long cours en traversée de l’Antarctique à l’Alaska…!

 Aujourd’hui, tu vas nous parler de ton trek au Chili, comment le choix de cette destination s’est fait ?

J’attendais mon éventuelle chance de partir en Antarctique à Punta Arenas, et j’ai entendu parler de ce trekking le plus austral du continent. Dans ma démarche, il était essentiel que j’y aille !

 Étais-tu entraîné pour cette marche ? Si oui, comment t’es-tu entrainée?

Je ne me suis pas entrainée spécifiquement, car j’ai un bon background sportif ! Par contre, je me suis préparée contre vents et marées (littéralement). Je suis partie en connaissant le chemin, équipée d’une carte, et des horaires des marées.

LE TREK

Cabo Froward, au Chili

► Quelle était la durée de marche durant ce trek?


4-5 jours, selon les conditions ! En effet, étant au bord de la mer et certains passages sont impossibles à marée haute. Les traversées de rivières sont juste IMPENSABLES à ce moment là ! On part du village de San Juan, à 40km au, ou alors du terminus de la route de gravier si on a de la chance en stop !

Pour ceux qui préfèrent, des bus partent deux fois par semaine, le mercredi et le samedi, depuis Punta Arenas jusqu’à San Juan. L’arrivée se situe au point le plus austral du continent américain ! ça en jette, hein ? Là-bas, on trouve la « Cruz de los mares », une immense croix de métal, et beaucoup de vent. C’est un aller-retour donc deux fois 35km (de ce qui est dit sur le panneau à l’entrée du chemin). Principalement, le long du détroit de Magellan. Le trekking alterne plage de cailloux, Rochers, Forêt, et comprend 3 traversées de rivières sans aide… il va falloir se mouiller !

► Où dormais-tu le soir ?

Dans une tente ! Il n’y a absolument aucune habitation ou refuge. On trouve plusieurs espaces pour camper à des points stratégiques de la randonnée. Attention à bien accrocher votre nourriture en hauteur, les renards et les souris peuvent détruire votre tente pour manger un bout!

► Solo ou accompagnée ?


Accompagnée d’un ami (pour plus de détails sur cette aventure, un article sur le blog vous dit tout)!

► Le degré de difficulté estimé en théorie et celui que tu as vraiment ressenti ?

Cette randonnée est décrite comme difficile, et pour plusieurs raisons :

  • elle est très isolée et il n’y a aucun moyen d’appeler les secours !
  • c’est la Patagonie : le climat est foutrement capricieux et à part si on est doté d’une chance inouïe, généralement on aura les quatre saisons dans la même journée ! ça peut être dur pour le moral.
  • il faut IMPÉRATIVEMENT se renseigner sur les marées avant de partir et noter toutes les marées basses !! Les traversées de rivières peuvent être très dangereuses à marée haute, on traverse avec son sac à dos au dessus de la tête !
  • les rochers sont glissants et les vagues peuvent frapper très près.

Ce que j’ai ressenti : j’étais bien préparée mentalement, et j’ai vraiment traversé les rivières au bon moment pour les marées. Habituée à marcher en montagne, au niveau sportivité ce n’était pas particulièrement demandant !
Le chemin est assez bien balisé, avec des marqueurs orange. Et si on se perd, on essaye d’aller vers la plage. Mais parfois, on traverse des forêts et on doit ramper, monter sur des troncs… C’est fun aussi ! Il y a aussi une partie un peu marécageuse le deuxième jour.

► Qu’il y avait-il dans ton sac à dos et combien pesait-il environ ?

Mon sac contenait : une partie de la tente, mon sac de couchage, une partie de la nourriture, camping gaz (au cas où on ne puisse pas allumer de feu), mes vêtements pour le soir : leggings chaud, polaire, grosses chaussettes en merino (à l’abri dans un sac étanche), kit de secours comprenant couverture de survie.
Pour ce qui est de l’eau, j’en ai pris pour la première journée et on faisait bouillir pour la suite ce qu’on trouvait des sources, le long.
Mon ami portait le plus lourd, il a insisté lourdement, alors je pense que mon sac pesait moins de 10kg mais je n’en ai aucune idée…!

► Si tu devais nous confier ton meilleur souvenir de trek, ce serait… ?

Je vais en citer deux… parce que le premier est un peu particulier :

  • c’était Noël, et nous étions vraiment seuls avec mon ami. Nous sommes arrivés sur le premier campement, après la première rivière, nous avons fait un feu, nous avons ramené du vin, des oranges, de la cannelle… Et des POMMES DE TERRE (oui, c’est du poids en plus). C’est peut être mon repas de treks de plusieurs jours le plus luxueux !
  • c’est un sentiment très fort que d’être le long du détroit de Magellan, au carrefour de deux océans, où les éléments se déchaînent. En face, tout le long, on voit les fjords patagoniques chiliens… c’est magnifique.

► Et ton pire souvenir…?

Lors du retour du troisième jour, nous voulions traverser la rivière le soir même car le lendemain, la marée basse était soit à 5h du matin… soit 5h du soir. Cela nous faisait traverser de nuit, ou alors attendre toute la journée avant de randonner.
Lors de notre arrivée, la marée était bien montante, et c’était très limite pour passer. J’ai hésité, un peu trop longtemps : la pluie et le vent se sont levés. J’ai du me dénuder et me congeler jusqu’à la taille alors qu’à l’aller, la rivière m’allait au dessus du genou…
Fort heureusement, le campement n’était pas loin, à l’abri, et nous nous sommes vite réchauffés auprès du feu !

► Si c’était à refaire, tu referais à l’identique, tu ne referais pas ou tu changerais certaines choses ?

Je refais à l’identique ! C’était magique, beau, et un super défi ! Je changerais juste mon sac de couchage pas assez chaud pour l’occasion… Je n’étais pas encore tout à fait prête à la Patagonie à ce moment là !

► Des trucs de nanas que tu penses essentiels et utiles à avoir avec soi ?

Comme pour toute la Patagonie, le climat est rude. Personnellement, mes lèvres se gercent facilement alors je trimballe toujours un stick de bonne qualité… 🙂 Sinon je ne m’encombre pas trop en trekking, c’est du poids en trop…

► Un dernier conseil pour nos lectrices avant de se lancer ?

C’est un beau défi, et bien sauvage si on le compare à la machine à touriste « Torres del Paine » où tout le monde va dans le coin… Certes, c’est moins montagneux, et pour moi, c’était différent de mes expériences habituelles. Je le recommande vivement !

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Et si vous voulez lire plus d’aventures de Nastasia, direction son blog Une fille et le monde !

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mm

Co-fondatrice du webzine et amoureuse depuis toujours de la nature, elle a vécu un coup de foudre en rencontrant l'Auvergne. Si elle a vécu quelques temps près de ces vieux volcans, elle choisit maintenant ses escapades européennes en fonction du dénivelé que la région offre, histoire de faire travailler ses mollets. Avant toute l'aventure Un Trek Une Fille, c'est sur son blog La Boucle Voyageuse que l'envie de partager ses voyages a commencé.

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