Activités, Insolites
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Au Val d’Hérens, la montée à l’alpage

Samedi passé, j’ai suivi les vaches pour une montée à l’alpage sur les hauts d’Evolène. Un rendez-vous incontournable qui vient rythmer la vie alpestre de nos vallées et un moment unique à partager aux côtés des passionnés de la race d’Hérens.

La montée à l’alpage, ou plutôt l’inalpe comme on dit en Valais, c’est comme la colonie de vacances des vaches. Vous connaissez déjà nos vaches d’Hérens ?! Cette race emblématique au caractère vif et belliqueux.

Dès juin, elles quittent l’étable pour rejoindre les pâturages où elles y resteront jusqu’à la fin de l’été. La saison des inalpes est lancée. En valais, ces inalpes sont généralement la réunion des troupeaux de plusieurs propriétaires. C’est lorsqu’elles se rencontrent pour la première fois qu’elles combattent, des luttes naturelles pour établir la hiérarchie au sein du troupeau et régir ainsi la vie à l’alpage toute la saison estivale. Plus qu’une tradition, c’est le rendez-vous annuel que je ne rate sous aucun prétexte et que je revis chaque année avec ferveur.

Samedi 10 juin, c’était la montée à l’alpage du troupeau de la Ferme du Clos-Lombard à Evolène. Famille et amis sont présents pour conduire les vaches à l’alpage d’Arbey : un joyau alpestre avec ses mayens, son petit lac. Le mélange du troupeau a eu lieu quelques jours auparavant, déterminant la reine en titre : Victoire, suivie de Tonnerre. Une affaire à suivre !

La montée se fera à pied sauf pour quelques « VIP cows » qui montent en bétaillère !  C’est parti pour 2 heures de marche. Les vaches déambulent dans la rue principale du village sous le regard amusé de quelques curieux. Très rapidement, je suis distancée. Elles mènent la cadence à vive allure  malgré leurs 800 kg. Elles connaissent le parcours par cœur et toutes folles de rejoindre les hauts, elles courent à tout va, se livrant à quelques luttes impromptues.

Puis, la montée se fait plus raide par un étroit chemin et le pas s’alourdit. Il fait très chaud et après plus d’une heure trente de montée, les vaches semblent épuisées. Elles se frayent un passage dans le ruisseau pour se rafraîchir. L’arrivée est proche.

On sort du chemin forestier et après tous ces efforts, la récompense est là ! Comme par enchantement la Dent Blanche apparaît. Waouh ! Ce panorama est grandiose. La montagne se reflète dans les eaux du petit lac d’Arbey. Je suis une habituée des lieux, je me suis plongée maintes fois dans ce décor, à des saisons différentes et pourtant, la magie opère chaque fois.

Tels des hippopotames, les vaches se baignent dans la gouille d’Arbey. Vous vous souvenez, une gouille c’est un petit lac !

Après cette pause rafraichissante, il est à présent temps de rejoindre le pâturage. Toute la saison estivale, elles vont pâturer sur ces près en auto-gestion, sans vacher. Marius et sa famille monteront 3 à 4 fois par semaine les bichonner et s’assurer que tout se passe bien.

Les voilà bien installées, elles ne redescendront qu’en octobre : la désalpe.

La partie festive peut commencer, en famille, entre amis. Toutes les générations sont réunies. C’est LE NOEL DE LA FERME, me dit Catherine (l’épouse de Marius). Elle a préparé un déjeuner sur l’herbe, magistral. Marius, lui, nous régale d’une Ruschia au feu de bois.  

Je me sens privilégiée d’avoir accompagné la famille Pannatier pour cette montée. On est assis là, dominant la vallée du haut de cet alpage, bercé par les cloches de vaches, face à ce vaste panorama alpestre. 

C’est ce que j’appelle un moment parfait, une parenthèse hors du temps, des instants de bonheurs partagés. 

Si je vous ai donné l’envie de vivre nos traditions montagnardes et ressentir toute l’authenticité et le terroir qui caractérise le Val d’Hérens, j’ai l’adresse qu’il vous faut : le Gîte la Peniche. Marius et Catherine propose un gite rural à Evolène et partage leur passion pour la race d’Hérens tout au long de l’année, ils vous invitent pour une immersion dans leur ferme avec des moments forts telles l’inalpe, le mélange, la désalpe ou encore la naissance des veaux. 

Et rappelez-vous qu’en tout temps, cette montée au lac et alpage d’Arbey constitue un but de randonnée avec cette vue imprenable sur la Dent Blanche. 

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Patricia

Auvergnate d’origine, je suis tombée amoureuse du Valais Suisse il y a déjà presque 30 ans. Curieuse de nature et passionnée par l’univers touristique qui m’entoure, j'explore chaque coin et recoin de ma vallée d'adoption.

2 Comments

  1. J. Ph. Coppieters says

    D’origine belge, j’ai découvert la région d’Evolène par hasard voici près de 30 ans. Amoureux de montagne authentique, sensible au beau et à la préservation de la nature, humble et courtois comme l’est un vrai montagnard, fuyant le tourisme « grosse bouffe », vous ne pourrez être que séduit par cette région. En près de 30 ans que je la connais, elle n’a pas beaucoup changé, sachant préserver son charme pittoresque, ce qui lui a valu d’être la première commune à recevoir le titre de « plus beau village de Suisse Romande ». C’est devenu pour moi une sorte de pèlerinage que d’y retourner, en particulier au lac d’Arbey d’où je suis revenu avec une photo agrandie en 100/70 que je contemple chez nous chaque jour dès le lever.

    • Patricia

      Merci de votre message. Charme pittoresque, le mot est juste pour décrire Evolène Région : parmi les authentiques villages du Val d’Hérens où la nature est restée reine. sur ce blog, vous trouverez d’autres sujets faisant honneur à Evolène avec son carnaval, ses « Cime » …
      Au plaisir de vous croiser peut-être dans notre belle vallée lors d’un prochain pèlerinage,

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